La nécessité d’un char tel que le Comet apparut pour la première fois fin 1941, début 1942 en Afrique du Nord...on se rendit compte que l’armée anglaise ne possédait aucun canon monté sur char capable de battre ceux des allemands. Bien que remarquable, le "Cromwell" avait été doté d’un canon trop petit, qui ne pouvait même pas tirer d’obus brisants et, dans le domaine du combat antichar, le canon de 6-livres n’était pas non plus très redoutable. On essaya de renforcer son armement avec un canon de 17-livres, ce qui donna naissance au Challenger, un char qui n’eut que peu de succès dans l’armée britannique. Il ne restait plus qu’à concevoir un nouveau char pour contrer les nouveaux et terribles Panzers...

C’est la firme Leyland qui reçut mission de concevoir ce nouveau char pour le début 1943, priorité absolue étant données à la mise au point d’un nouveau canon. Il s’agissait donc de pouvoir trouver un canon montable sur chassis de Cromwell, puis de construire autour un char employant le maximum de pièces venant du Cromwell. Les ingénieurs de Vickers-Armstrong dessinèrent une version plus légère et plus compacte du canon de 17-livres : le Vickers HV 75 mm (HV pour "High Velocity"). La pièce, à tube raccourci, tirait le même obus que le 17 livres, mais employait une douille plus courte et plus large, donc plus facile à manier dans une tourelle de char. Bien que plus courte, un rien moins puissante et à plus basse vitesse, cette arme n’en était pas moins supérieure à tous les canons alliés montés sur chars de l’époque. La munition de 75 mm HV et son canon sont rapidement rebaptisés "77 mm MK II" pour éviter toute confusion de nomenclature et d’approvisionnement du nouvel engin. Pesant 7,7 kg, le nouveau projectile peut percer un blindage de 109 mm maximum à 450 mètres.

La maquette du A34 Comet est présentée en septembre 1943 et le premier prototype dénommé "A 43" est présenté quant à lui seulement en février 1944. La conception des premiers prototypes sera revue sur de nombreux points et cet engin, qui avait commencé sa carrière comme un version renforcée du Cromwell, en arriva très vite à représenter une refonte à 60%, malgré le similitude entre les deux dessins. C’est à peine si l’on modifia la coque. Le blindage en ventre du Cromwell fut également conservé, le temps manquant pour faire mieux. Les essais démontrèrent que l’engin était encore lourd par rapport au projet de départ, son poids agissant effectivement sur sa suspension et son train de roulement. Pour remédier à cela, l’ensemble est renforcé grâce à une diminution des galets de roulement et à l’adjonction, sur la partie supérieure du train, de quatre petits galets de soutien. En plus de régler son problème de poids initial, cette nouvelle suspension rend le char plus agile et plus endurant en tout terrain, lui permettant des pointent à 26 km/h. Parent du Cromwell, le Comet apparaissait pratiquement comme un nouveau char, même s’il ne pouvait nier sa parenté avec le Cromwell, dont il était fondamentalement une version mieux blindée et mieux armée. La coque d’acier corroyé était percée de portes latérales à l’avant pour le chauffeur et le servant de mitrailleuse de capot. La tourelle était aussi d’acier corroyé, mais avec un mantelet et un blindage frontal coulés. L’habitabilité était bonne et l’accès raisonnablement aisé. Un générateur, entrainé par le moteur principal, fournissait tout le courant électrique nécessaire, notamment à la rotation de la tourelle à commande électrique. Les munitions étaient stockées dans des casiers blindés, ce qui était un net progrès. Comparé par certains de ses pilotes à "une voiture de sport", l’A34 Comet laissa des souvenirs impérissables, dont les têtes ou l’estomac de certains n’appréciaient guère son comportement tout terrain ! L’engin était assez robuste pour franchir des obstacles impressionnants. Le Comet ne connut qu’une seule variante, dont la principale caractéristique était une modification des capots d’échappement, jugée nécessaire après la bataille de Normandie.
Prévu pour être opérationnel dès le printemps 44, le Comet n’apparait en unités qu’en septembre de la même année. Utilisé pour la première fois pendant "la bataille des Ardennes", l’A34 est surtout utilisé pendant la campagne d’Allemagne en 1945. Il y sera surtout employé par la 11è division blindée britannique, qui reste la seule unité à en être entièrement dotée. Traversant le Rhin en mars 1945, ils prendront une part active aux derniers combats en Europe de l’ouest. Ils pousseront jusqu’à Lübeck et aux cotes de la Baltique. La guerre terminée, l’histoire du Comet ne s’arrêtera pas là. L’armée britannique utilisera en effet ce char jusqu’à son remplacement, à partir de 1957, par des Centurion. L’A34 prend aussi une part active à la guerre de Corée et aux opérations de Palestine et de Suez. Conquis par sa puissance de feu et son agilité, des pays comme la Finlande, la Birmanie ou l’Afrique du Sud, en acquièrent des exemplaires.
Caractéristiques techniques : Type : Char "croiseur" Longueur : 7,66 m Largeur : 3,04 m Hauteur : 2,98 m Poids : 35,7 tonnes Blindage : 14 mm minimum, 102 mm maximum Moteur : Rolls-Royce Meteor Mk III, 12 cylindres en ligne à essence, refroidi par eau, développant 600 chevaux à 2550 tr/min Vitesse : 51 km/h sur route, 26 km/h en tout terrain Autonomie : 196 km Équipage : 5 hommes Armement : Un canon de 77 mm, une coaxiale Besa de 7,92 mm, une Besa de capot
Sources : Le multiguide couleur des chars de la seconde guerre mondiale, Christopher F. Foss et l’aventure de chars, Hachette Collections



