Tandis que les ingénieurs n’affèrent parfois à réhabiliter des voitures de la guerre de 14-18 périmées, d’autres travaillent à la réalisation de nouveaux véhicules blindés chargés de nouvelles missions de la cavalerie. Ainsi, en fonction des missions, dès 1931, les automitrailleuses sont classées en trois catégories :
1) Les automitrailleuses de cavalerie ou de combat : AMC 2) les automitrailleuses de reconnaissance : AMR 3) les automitrailleuses de découverte : AMD

Ces dernières, dont fait partie l’AMD 38 Panhard 178, ont pour rôle de "découvrir" l’ennemi, d’en évaluer ses forces...elles sont en quelque sorte envoyées en "éclaireur". Elles doivent donc bénéficier d’une bonne autonomie, vu qu’elles opèrent assez loin de leur base de départ pour accrocher l’ennemi, d’une grande vitesse pour pouvoir décrocher rapidement, et éventuellement d’une bonne puissance de feu pour pouvoir protéger le repli. Des spécifications techniques datant de décembre 1931 demandent une autonomie d’au moins 400 kilomètres, d’une vitesse de pointe de 70 km/h et de 40 km/h en moyenne. Le véhicule doit être équipé d’au moins un canon de 20 mm. Plusieurs constructeurs répondent à la demande, dont Renault, Berliet, Latil et Panhard.
Panhard, qui s"appuie sur la créativité de ses ingénieurs, met au point un véhicule à quatre roues motrices dont le châssis est noyé dans le blindage. Lors d’épreuves en janvier-février 1934, ce véhicule blindé présente une motricité supérieure à celle de ses adversaires. Les tests suivants menés par la cavalerie à Reims confirment le potentiel de la machine qui est baptisée AMD Panhard modèle 1935. Cette Panhard est qualifiée d’exceptionnelle, avec son canon de 25 mm et sa mitrailleuse Reibel de 7,5 mm. Elle a quand même quelques défauts, comme un freinage bruyant, une habitabilité réduite et des soucis d’embrayage et de ses systèmes radiophoniques. Une deuxième version apparait en 1939 pour corriger en partie les problèmes de la version 1935, c’est notre AMD 38 Panhard 178.
A l’usage, les équipages vont signaler des problèmes de température dans l’habitacle...il y fait trop chaud et la température dans compartiment de combat est insoutenable. Afin d’améliorer la ventilation, Panhard installe une plaque ovale en forme de champignon sur la trappe du trou d’homme. Les optiques des épiscopes et périscopes sont remplacés car les vibrations du véhicule endommageaient les anciens. On équipe également le véhicule d’un silencieux d’échappement car l’ancienne version faisait vraiment trop de bruit alors que la mission du véhicule demandait plus de discrétion.
Sa facilité de conduite, ses performances excellentes et sa robustesse mécanique en feront un véhicule blindé apprécié. Les allemands ne s’y tromperont pas. Ils découvriront un véhicule plus efficace que les leurs et, après la défaite française de 1940, ils utiliseront l’AMD 38 Panhard 178 dans leurs unités sans y apporter de modifications notoires.
Caractéristiques techniques : Longueur : 4,79 m Largeur : 2,01 m Hauteur : 2,31 m Blindage : 20 mm en frontal, latéral ou arrière, 26 mm sur la tourelle Moteur : Panhard type ISK 4 F II bis de 105 ch Vitesse : 72 km/h maximum sur route, 35 km/h en tout terrain Autonomie : 363 km sur route, 207 km en tout terrain Armement : 1 canon de 25 mm SA 34 (150 obus), 1 mitrailleuses Reibel de 7,5 mm
Source : Revue TNT hors série n° 5 sur les engins de combat de l’armée française



