Béarn

mercredi 23 juin 2010 par smercier

Le Béarn fut le seul porte-avions de la marine française durant la seconde guerre mondiale. Pour la France, il favorisa le développement des techniques de l’aviation embarquée. Le porte-avions Béarn trouve ses origines dans un cuirassé de la classe Normandie, cuirassé jamais achevé. En effet, le cuirassé Béarn, encore en construction aux chantiers de la Méditerranée à la Seyne, fut transformé en porte-avions. Il fut doté de tous les perfectionnements ultérieurs des porte-avions britanniques, à savoir les vaporisateurs d’eau salée dans le hangar et le hangar fermé ignifugé. Le bâtiment fut mis sur cale en avril 1914, et lancé en 1920...mais sa construction se trouva différée, pour diverses raisons, jusqu’en 1923. C’est à ce moment là que l’amirauté française décida d’en faire un porte-avions, dont l’assemblage s’étendit entre août 1923 et mai 1927.

Ce premier porte-avions français souffrait d’une vitesse limitée à 21 nœuds et il avait une autonomie de seulement 9100 kilomètres à sa vitesse la plus économique. Il lui manquait donc cette souplesse d’utilisation essentielle pour un porte-avions. Après de nombreuses discussions, il fut décidé, en 1938, de construire deux nouveaux porte-avions, les Joffre et Painlevé...Seul le premier était en chantier lorsque la France s’effondra en juin 1940. Ces deux porte-avions, s’ils avaient vu le jour, eussent été les plus originaux de l’époque, avec leur pont d’envol décalé vers bâbord.

De 1927 à 1933, le Béarn servit dans la flotte de Méditerranée, participant notamment à des missions au Maroc. Refondu en 1935, il fut affecté à l’escadre de l’Atlantique en 1936 et, trois ans plus tard, devint une base d’hydravions. Il servit de transport de l’or destiné à payer les avions acheté par la France aux États-Unis. Ensuite,il fut mouillé aux Antilles de 1940 à 1942. Placé sous les ordres de l’amiral Robert, il composait la flotte des Antilles, parmi lesquels se trouvaient aussi le Jeanne d’Arc et l’Emile-Bertin. Restée fidèle au régime de Vichy, cette flotte des Antilles refusa obstinément de rallier les alliés jusqu’à l’été 1943. Les américains étaient en effet préoccupés par les Antilles françaises car ils avaient peur que les Antilles servent de base aux sous-marins allemands qui combattaient dans la bataille de l’Atlantique. Les relations entre l’amrial Robert et les américains se détériorèrent, surtout après le débarquement en Afrique du Nord. Puis, en juillet 1943, pressé de toute part, l’amiral décida finalement de se rallier au comité d’Alger sans saborder ses navires. Le Béarn fut donc sauvé. Il fut expédié aux États-Unis où il demeura, de 1943 à 1944, afin d’y subir une importante refonte. Ensuite, il opéra en Indochine entre 1945 et 1946. Il fut vendu en 1967 pour être démoli.

Caractéristiques techniques : Type : Porte-avions léger Longueur : 182,60 m Largeur : 35,20 m Tirant d’eau : 9,50 m Moteurs : 4 turbines de 37200 ch Vitesse : 20 nœuds ou 37 km/h Déplacement ; 22245 tonnes Armement : Canons de 127 mm antiaériens Avions : ??

Sources : Navires de la seconde guerre mondiale, éditions Atlas et Navires et combats 1939-1945, Antony Preston, PML éditions


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