Petite vidéo de B17 au décollage...
L’efficacité de la puissance aérienne avait commencé à être démontrée pendant la première guerre mondiale. Pendant l’entre deux guerres, des partisans de la cause de l’aviation tels William "Billy" Mitchell (qui donnera son nom au B-25 Mitchell) ose exprimer leurs opinions et agissent publiquement en faveur de la puissance aérienne. Certains militant de cette force nouvelle estiment entre autre que des bombardiers puissamment défendus pourraient toujours atteindre le potentiel ennemi même de jour et même sans escorte aérienne. Il en résulta la doctrine du bombardement de jour américain que ceux-ci expérimentèrent pendant la seconde guerre mondiale. Ce concept, pour être appliqué, avait besoin de bombardiers hérissés de mitrailleuses pour sa défense...le B-17 en fut un des exemples.
B-17F à peine issu des chaines de fabrication
Le Boeing B-17 naquit en 1934 d’une initiative des bureaux d’étude Boeing à Seattle. Sa conception dérive aussi d’un cahier des charges de l’USAAC (US Army Air Corps), publié cette même année. A cette époque, on ne pense pas encore à un super-armement défensif. On se contente juste de préciser que l’appareil doit avoir une capacité d’emport d’au moins 900 kilos de bombes. Il doit aussi pouvoir être employé selon une tactique de bombardement diurne à haute altitude. Sur ses fonds propres, Boeing conçoit un prototype à quatre moteurs. Ce prototype baptisé Boeing 299 vole pour la première fois le 28 juillet 1935. Il est motorisé par des moteurs Pratt&Whitney Hornet de 750 chevaux. Malheureusement, le premier B-17 s’écrase pendant un vol de démonstration à la délégation de l’USAAC, qui choisit évidement de privilégier une commande pour un appareil concurrent. Cependant, les développement sur le B-17 ne sont pas arrêté car la commission d’évaluation, sentant peut-être son futur potentiel, demande de constituer une pré-série pour de nouveaux tests. 12 ou 13 nouveaux B-17 voient ainsi le jour sous la forme d’une commande passée en janvier 1936. Cette fois-ci, les tests sont très concluants et l’histoire du B-17 peut commencer !
B17 escorté par un P51 Mustang, au dessus de l’Allemagne probablement
Le B-17 fut alors un des plus extraordinaires bombardier monoplan rapide et entièrement métallique. Les premiers avions mis en service en 1937 sont dorénavant motorisés par des moteurs Wright R-1820-39 de 930 chevaux. Suivent ensuite 39 B17-B avec un nez redessiné, une gouverne de direction agrandie entre autres diverses modifications, puis 38 B-17C peu différents. Au moment de l’entrée en guerre des États-Unis, il existe 42 B-17D sont également en service. Cette version diffère de la "C" par des améliorations de l’électricité de bord et des capotages moteurs. Ces premières Flying fortress furent très éprouvées dans le Pacifique . Un tout nouveau dessin de la queue de l’appareil est ensuite introduit dans la version B-17E. Son armement défensif est amélioré, avec notamment l’ajout d’une indispensable tourelle de queue. Cette version "E" est la première des B-17 à être engagée en Europe, et la première à être produite en grande série (512 exemplaires). Cette nouvelle variante atteint le poids de 24,5 tonnes et sa vitesse maximale est réduite à 340 km/h. Cette fois-ci, l’avion possède l’allure si caractéristique que nous connaissons bien. L’avion voit également ses blindages augmentés et possède désormais 10 mitrailleuses de défense de calibre 50 (12,7 mm). La RAF prendra livraison de 40 B-17E sous l’appellation de "Fortress MkIIA".
En avril 1942, Boeing améliore encore l’appareil et met au point la version B17-F. Cette version de 29,5 tonnes du prototype effectue son premier vol en mai 1942. Cette version diffère peu de la précédente, si ce n’est un nouveau dessin de la verrière avant dt d’une charge en bombe accrue. Le moteurs montent aussi en puissance et l’avion embarquent désormais des Wright R-1820-97 de 1200 chevaux. Cette version B17-F est produite en très grande série (3405 exemplaires) par trois constructeurs (Boeing, Douglas et Vega). Enfin, une dernière version verra le jour, la version "G". C’est la version la plus couramment répandue (8680 exemplaires) du B17. Les moteurs seront équipés de turbocompresseurs améliorés, ce qui augmentera le plafond pratique à 10850 mètres. L’avion possèdera alors 13 mitrailleuses de 12,7 mm et leur réserve de munitions se verra augmentée. Les mitrailleuses du B17-G seront réparties comme suit :
1) Un affût double orientable, commandé manuellement, dans la queue de l’appareil. 2) Un affût simple à l’air libre commandé manuellement dans chacun des deux sabords latéraux. 3) Une tourelle sphérique double ventrale, commandée manuellement à asservissement électrique. 4) Une tourelle double dorsale électriquement asservie et commandée manuellement située juste au dessus de la verrière du poste de pilotage. 5) Un affût simple installé dans un sabord de chaque coté arrière de la verrière avant, à commande manuelle. 6) Un affût double caréné situé en gondole à l’avant, sous la verrière du nez.
Superbe gros plan de la verrière de nez de l’appareil, on remarque les deux mitrailleuses de 12,7 mm de la tourelle de défense avant.
Cette fois encore, la RAF réceptionnera 85 exemplaires de la version "G" qui sera baptisée "Fortress MkIII".
La 8ème Air Force allaient devenir l’unité américaine qui allait vraiment utilisé le B-17. La première mission qui lui est affectée est le bombardement d’une gare de triage de Rouen le 17 août 1942. La mission est semble t’il un échec et la précision des 12 appareils affectés à la mission laisse à désirer. Mais, la 8ème armée aérienne va vite monter en puissance avec du bombardement stratégique pour mission. On espérait même obliger l’Allemagne à négocier sans l’intervention ou presque d’autres composantes militaires. Dans ce concept, les appareils devaient larguer leur charge de bombes à une altitude de 6000 mètres pour être hors de portée de certaines défenses adverses. Les américains amélioreront les tactiques et utiliseront le viseur Norden et les résultats seront plus que satisfaisants. ils ressortira des premières missions que l’appareil est robuste. Un B-17 se sortira par exemple d’une passe d’arme de 20 minutes avec trois Messerschmitt Bf 109 en pouvant même rentrer à la base. Un autre rentrera en Angleterre alors que deux de ses moteurs sont détruits. Cependant, s’ils ne sont employés qu’en petit nombre, qui plus est sans couverture aérienne, alors les B-17 n’ont pas la puissance suffisante pour créer un barrage de tir de mitrailleuse apte à repousser les chasseurs ennemis. En conséquence, les américains utiliseront le plus souvent les B-17 en effectifs étoffés et très resserrés afin de concentrer la capacité défensive des diverses mitrailleuses. Face à la Luftwaffe, il sera cependant de plus en plus difficile de repousser les chasseurs car ceux-ci vont de plus en plus vite et leurs organes vitaux sont de mieux en mieux protégés. De plus, les canons de 20 mm qui équipent les chasseurs allemands ont un plus grande portée que les mitrailleuses de 12,7 mm. Les pilotes allemands améliorèrent également leurs tactiques en attaquant les B-17 par l’avant ou par l’arrière juste en dessous. Par l’avant, l’assaut d’une forteresse à une vitesse de 100 km/h (cumule des deux vitesses des deux avions) demandait une forte audace mais diminuait le temps "d’exposition" du chasseur aux balles du bombardier. De toute façon, rien ne vaudra une bonne escorte de chasseurs alliés type "P51 Mustang" ou "P47 Thunderbolt" pour couvrir leurs actions.
La production totale de B-17 atteindra 12731 exemplaires et ces appareils largueront à eux seuls environ 40% du tonnage utilisé pour détruire l’appareil de guerre allemand (peut-être 600000 tonnes de bombes). 5000 Flying Fortress seront perdues au cour des combats, principalement en Europe où ce bombardier sera essentiellement utilisé. Après la guerre, il sera rapidement déclassé au profit du out nouveau B-29. La France continuera d’en utiliser quelques uns.
Caractéristiques techniques : Type : Bombardier lourd et appareil de reconnaissance à long rayon d’action Envergure : 31,62 m Longueur : 22,66 m Surface alaire : 131,92 m2 Moteur : 4 Wright Cyclone turbo-compressés à pistons R-1820-97 en étoile de 1200 ch chacun Vitesse maximale : 462 km/h à 7620 m Vitesse ascensionnelle : 6096 m en 37 mn Distance franchissable : 3220 km (avec sa charge de bombes) Plafond pratique : 10850 m Armement : 13 mitrailleuses de 12,7 mm et jusqu’à 7985 kg de bombes.
Sources : Magasine Histoire de Guerre n°31 (Histo presse), Livre L’univers des Avions 1939/1945 (Gründ) et fiche d’avion de guerre (Édition Atlas)



