Boeing B-29 Superfortress

dimanche 7 mars 2010 par smercier

Le Boeing B-29 Superfortress restera à jamais dans l’histoire comme le premier avion ayant transporté puis largué les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Ce vecteur des deux premières bombes atomiques eut un effet considérable sur le cour de l’histoire et sur la fin de la seconde guerre mondiale. Cet appareil incroyable était sur bien des points un tombeur de records à l’époque de ses débuts opérationnels en 1944. Le B29 amènera la catégorie "bombardier lourd" un cran au dessus en termes de charge de bombes et de performances, même si celui-ci restera un appareil avec moteurs à pistons...Il cèdera d’ailleurs sa place après la seconde guerre mondiale à des appareils à réaction incomparablement plus performants. Le Boeing B-29 fut le fruit d’une étude commencée à la fin des années trente pour un bombardier lourd à long rayon d’action qui devait compléter les études sur des bombardiers lourds à plus court rayon d’action comme le "B-17", alors en cour de développement. Trois prototypes furent développés par Boeing et le premier vola le 21 septembre 1942. A cette date, des commandes importantes avaient déjà été passées, les autorités reconnaissant dix mois après l’entrée en guerre des États-Unis que l’armée avait besoin d’un bombardier à long rayon d’action, surtout pour couvrir les longues distances au dessus du Pacifique.

L’Enola Gay, le B-29 qui largua la première bombe atomique sur Hiroshima...

Les premières livraisons commencèrent en 1943 et la production du B-29 employa cinq usines et trois firmes : Boeing, Martin et Bell. Il existait des différences notables entre les B29 produits par ces trois firmes. Celui de Bell par exemple avait un armement réduit et était le plus rapide des divers types produits. Une version de reconnaissance fut désignée F-13 (plus tard RB-29). Parmi les autres versions spécialisées, on notera une version de reconnaissance météorologique baptisée WB-29, ou une autre de recherche en mer capable de larguer des embarcations de sauvetage (SB-29). Le B-29 introduisit de nombreuses innovations technologiques, tels l’habitacle pressurisé ou encore les tourelles commandées à distance et pointées au moyen de périscopes par des mitrailleurs installés dans le fuselage loin des tourelles elles-mêmes.

Un B-29 de collectionneurs baptisé "Fifi". Il est souvent la vedette lors des meetings

A la fin de 1943, il fut prit la décision de n’utiliser les Boeing B-29 uniquement dans le Pacifique, contre le Japon. Les premières unités équipées de B29 Superfortress furent celles de la 20e Army Air Force déployée sur les sols chinois et indiens, au printemps 1944. Un important pont aérien au dessus de l’Himalaya dut être organisé pour alimenter en essence et en pièces détachées les avions basés en Chine. La première mission opérationnelle eut lieu contre le ville de Bangkok alors au main des japonais. La première attaque contre le Japon lui même eut lieu le 15 juin de la même année. A partir du moment où les îles Mariannes furent occupées en 1944, on déploya les B-29 sur ces îles, ce qui rapprocha les bombardiers lourds du cœur du Japon.

Au début, les B-29, sous le commandement du général Haywood S. Hansell, attaquèrent en priorité des objectifs industriels au Japon. Mais la précision requise des impacts était difficile à obtenir. On décida alors, sous l’impulsion d’un nouveau commandant, le général Curtis LeMay, de bombarder de nuit à basse altitude des quartiers résidentiels des principales agglomérations japonaises (voir même sur des villes plus petites). Les dégâts engendrés furent considérables et Tokyo subit un important assaut. Mais apparemment, cela ne suffit pas pour réduire le moral et l’esprit de résistance des japonais, et plus particulièrement de leurs chefs militaires. On décida alors d’utiliser l’arme ultime pour faire plier le Japon. Le 6 août 1945, un B-29 Superfortress spécialement préparé, l’Enola Gay, du 509e Composite Group, largua la première bombe atomique de l’histoire sur la pauvre ville d’Hiroshima. L’explosion fut effroyable. La mort se présenta sous d’innombrables formes. Ceux qui se trouvaient près de l’épicentre furent complètement brulés en moins d’un instant. On retrouva même les empruntes de leurs ombres sur les murs de béton. Tout le centre d’Hiroshima, dans un rayon de 3,5 km, se transforma pendant un instant très court en un véritable four crématoire. Ensuite, il se désintégra et ce qui avait été une ville industrielle de 250000 habitants ne fut plus qu’un nuage de poussières fait de millions et de millions d’éclats de bois, de verre, de métal et de débris humains centrifugés ou aspirés avec une force terrible. A plus de trois kilomètres de l’explosion, la peau découverte fut brulée, les poteaux télégraphiques furent carbonisés. A près de 400 mètres de l’épicentre, le mica sur les pierres tombales de granite avait fondu, ce qui prouve que l’on avait atteint là des températures de plus de 900 °C. Les tuiles d’argile grise, qui fusionnent à près de 1300°C, avaient fondues elles aussi à une distance de 600 mètres. On estima la température au centre de l’explosion à au moins 6000°C. La puissance du souffle atteignit une pression de près de 8 tonnes par mètre carré.

La première bombe atomique, "Little Boy"

Le 9 août, un autre B-29, le Bokscar largua une autre bombe atomique sur la ville de Nagasaki. Sous le nom de code de projet Manhattan, le développement de la bombe atomique avait reçu la priorité n°1 au États-Unis. Après de longues expérimentations, le premier essai concluant eut lieu dans le désert du Nouveau Mexique en juillet 1945. A cette époque, le seul avion allié capable de transporter la première bombe atomique baptisée "Little Boy" était le B-29. En larguant les deux bombes atomiques, cet avion rentrait dans l’histoire et fit plier le Japon.

Après la seconde guerre mondiale, le B29 Superfotress continua d’être le principal bombardier stratégique américain et sa production se poursuivit en 1946. Celle-ci atteignit 3960 exemplaires, y compris les prototypes. L’U.S. Air Force indépendante fut crée en 1947 et son premier bombardier lourd fut le B-29. Elle eut l’occasion de l’employer pendant la guerre de Corée où l’avion eut à faire aux chasseurs chinois et nord-coréens Mig-15 et subit des pertes significatives. Son développement mena au B-50, essentiellement un B29 à moteurs à pistons complétés par des réacteurs. A partir de 1950, la RAF en utilisa plus de 80 sous la dénomination de "Washington".

Vu du poste du copilote du B-29...

Caractéristiques techniques : Type : bombardier lourd à long rayon d’action Longueur : 30,18 m Envergure : 43,05 m Moteur : 4 Wright R-3350-23A Cyclone à pistons en étoile de 2200 chevaux chacun Vitesse maximale : 575 km/h à 7500 m Masse maximale au décollage : 64000 kg Rayon d’action : 6600 km Plafond pratique : 9800 m Équipage : 10 ou 11 hommes Armement : 12 mitrailleuses de 12,7 mm en tourelles télécommandées, parfois 1 canon de 20 mm dans la queue, jusqu’à 9 tonnes de bombes

Sources : L’Univers des avions 1939/1945, éditions Gründ et La deuxième guerre mondiale tome 8, éditions Jules Tallandier.


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