Avant le P-40, Curtiss avait réalisé le P-36, avion décevant du fait de performances moyennes. Réadaptant son moteur, il lui adaptèrent un Allison V-1710-19, un moteur V12 à refroidissement liquide de 1200 chevaux. Le prototype vola pour la première fois en octobre 1938. Les débuts sont assez décevants, l’avion n’arrivant pas à dépasser 483 km/h et, après quelques tâtonnements, on crée finalement un ensemble sous le nez comprenant un radiateur pour l’huile et deux pour le mélange d’éthylène glycol de refroidissement. De plus, les deux pipes d’échappement latérales sont remplacées par six indépendantes de chaque côté ; le système d’obturation du train d’atterrissage, hérité du P-36, est remplacé par deux volets plus aérodynamiques. Suite à ces modifications, les performances augmentent et le XP-40 atteint 550 km/h, ce qui le rend plus rapide que le Hurricane mais moins que le Spitfire et le Bf 109, il a cependant un rayon d’action largement supérieur à ces trois avions avec 976 km, soit près du double (caractéristique habituelle des avions américains).

Le 21 mai 1939, l’US Army Air Corps passait commande à la firme Curtiss de 524 P-40 de série, contrat assez exceptionnel pour l’époque. Il fut le premier monoplace américain de combat produit en série et constituait plus de la moitié de la force de combat américaine au début de la guerre. Cet appareil fut décevant au cours des premiers mois de la guerre mais resta en service malgré tout jusqu’à l’automne 1943. En effet, son concurrent direct, le P-39 "Aircobra" ne donna pas toute satisfaction, et les redoutables P-47 "Thunderbolt" et P-51 "Mustang" n’arrivèrent que plus tard.
En avril 1940, la France, dans son effort pour rattraper son retard dans le domaine aérien, passe commande de 185 exemplaires du P-40 à la firme Curtiss. Ces exemplaires ne purent être livrés avant la défaite de juin 1940 et furent cédés finalement à l’Angleterre. Les versions suivantes livrées à l’Angleterre (Tomahawk 11A et 1A), dotés d’un blindage renforcé, virent, avec l’augmentation de leur poids, la diminution de leurs performances. Ils démontrèrent leur inadaptation aux conditions de combat.
A partir de 1941, les versions "Kittyhawk" furent réalisées, en dotant l’avion d’un moteur de 1200 chevaux, en renforçant encore le blindage et améliorant l’armement. Ce chasseur fut alors employé pour l’assaut en lui faisant emporter une bombe de 225 kg. Mille cinq cents exemplaires furent cédés à l’Angleterre dans le cadre du "Prêt Bail". Ils ne firent pas grosse impression sur le théâtre européen (surtout utilisés sur le théâtre méditerranéen). Par contre, ils furent employés avec célébrité par les volontaires américains de Chenault, en Chine, les fameux "tigres volants". Les chinois ont baptisé ainsi les volontaires américains car ils peignent sur l’avant de l’avion des gueules de requins. Par exemple, le 23 décembre 1941, les "tigres volants" décollent intercepter dix bombardiers japonais au dessus de Kunming. Neuf des dix bombardiers sont abattus. L’escadrille qui a décollé, les "Hell’s Angels", est basée sur un terrain de la RAF, à Mingaladon (prêt de Rangoon) en Birmanie. Le célèbre Greg Papy" Boyington volera sur un de ces appareils lors de son passage dans l’escadrille des tigres volants.
Caractéristiques techniques : Moteur : 1 Allison V1710 en ligne de 1200 ch Vitesse maximale : 552 km/h à 4570m Plafond pratique : 9450m Rayon d’action : 1738 km Masse maximale :4015 kg Longueur : 10,16m Surface alaire :21,92m envergure : 11,38m Armement : 6 mitrailleuses de 12,7mm, jusqu’à 680 kg de bombes



