L’Enterprise fut un navire à la fois moderne et rapide pour son temps. Il fut conçu dans le cadre d’une loi votée dans l’année 1933 et construit par les chantiers Newport NewsCo. Il fut mis sur cale en juillet 1934 et lancé en 1936. Diverses avaries survenues dans ses turbines retardèrent son entrée en service qui n’intervint qu’en juillet 1938. Déplaçant près de 20000 tonnes, il pouvait filer à la vitesse de 34 nœuds. Son pont blindé (76 mm) accueillait 4 catapultes pour lancer dans les airs pas moins de 80 appareils. Son armement antiaérien était conséquent, avec comme pièces principales 8 canons de 127 mm.

Au début de la guerre dans le pacifique, les États-Unis pouvaient aligner 7 porte-avions dont l’Enterprise. Ce porte-avions fut baptisé le "Big E" tant son apport dans la guerre fut important. Il va traverser toutes les grandes batailles du Pacifique sans jamais faillir. En effet, il va tout d’abord échapper au raid japonais de Pearl Harbor alors qu’il se trouve par chance en manœuvre autour de l’ile de Wake. Il participa ensuite au raid lancé par le colonel Doolittle sur Tokyo avec ses bombardiers moyen B-25. Mais plus encore, il participa à la bataille victorieuse de Midway (juin 1942) où il participa à la destruction de quatre porte-avions japonais. Cette bataille fut un des grands tournants de la guerre du Pacifique. Dans la même année, il se retrouva au large de Guadalcanal où il fut endommagé par des bombes japonaises. Son aviation fit quand même couler le croiseur Kinugana.
Après réparation, il participa en 1943 aux campagnes de Kwajalein et de Tarawa. En 1944, il fut engagé dans l’immense bataille aéronavale des Mariannes. A cette occasion, l’aviation embarquée japonaise sera complètement détruite (on appellera çà le tir au pigeon des Mariannes). En octobre 1944, l’Enterprise participera à la bataille de Leyte où ses appareils couleront le cuirassé géant japonais Musashi. Il terminera dans le Pacifique avec l’attaque de l’île d’Okinawa où ses avions participent au raid victorieux contre l’autre cuirassé géant japonais, le Yamato.
Bombardiers en piqué Dauntless alignés sur le pont de l’Enterprise
Il sera le seul porte-avions, avec le Saratoga, à avoir traversé toute la guerre sans être coulé. Il terminera sa carrière comme navire amiral de la flotte de réserve de l’Atlantique jusqu’en 1958, date à laquelle il sera ferraillé. L’Enterprise sera cité à plusieurs reprises, dont une fois par le président des États-Unis lui même.
Sources : Fiche de bateaux de guerre (Éditions Atlas) et la seconde guerre mondiale en 8 tomes (Librairies Jules Tallandier)


