Geschutzwagen III/IV Hummel

mercredi 29 décembre 2010 par smercier

Dès la création des unités blindées allemandes, il se fit sentir le besoin de disposer d’un appui d’artillerie...une artillerie qui devait donc suivre le rythme des blindés. On étudia pour cela un type de véhicule spécialisé, l’obusier automoteur, véhicule blindé capable de transporter une pièce d’artillerie sur le champ de bataille. Un des premiers obusiers à voir le jour fut le Wespe, un obusier composé d’un canon de 105 mm sur châssis de "Panzer II". Il fallut cependant attendre 1942 pour voir les unités de Panzer équipées d’un groupe d’artillerie automotrice de deux batteries légères de campagne (de six pièces chacune) et d’un batterie lourde, spécialement conçu pour l’accompagnement des blindés et de l’infanterie. Et justement, à propos de cette batterie lourde, on étudia pour celle-ci un châssis hybride à partir de ceux des "Panzer III" et "Panzer IV", afin de supporter cette fois-ci un obusier de 150 mm L/30. Baptisé Geschutzwagen III/IV, cet automoteur reçut le surnom de Hummel (Bourdon en allemand). Ce surnom fut interdit par Hitler à partir de novembre 1944. Ce nouveau véhicule vit le jour à la fin 1942, véhicule construit en coopération par Alkett et Deutsche Eisenwerke. Le premier prototype fut réalisé à partir d’un châssis de Panzer IV Ausf F. En fait, le Hummel comprenait des composants de Panzer IV, le châssis, mais aussi des composants de Panzer III, comme la transmission, la pompe et le filtre à carburant, et le moteur HL 120 TRM. En revanche, toute la superstructure blindée et les installations de l’équipage et de l’armement étaient de conception entièrement originale. De plus, le moteur avait été déplacé au centre de la caisse, comme en témoigne la position des grilles de prise d’air.

On trouvait le poste de pilotage à l’avant gauche, dans une petite casemate en saillie sur la pente du blindage, casemate qui disposait d’un panneau frontal et de deux écoutilles pour la visibilité et le tir. Le pilote y pénétrait par une trappe ronde percée sur le toit de la casemate. Une trappe analogue ménagée sur la droite du blindage frontal servait à l’accès du radio. Le compartiment de combat était à ciel ouvert et était formé de plaques de blindage soudées et boulonnées. Ménagée dans la plaque arrière, l’ouverture de deux portières sur charnières latérales facilitait le service de la pièce. Des galets de rechange étaient fixés sur le blindage, soit à l’arrière de la superstructure, soit à l’avant. Le tube était monté de façon à permettre le tir en chasse, sa bouche ne faisait pas saillie en avant du châssis. De fabrication monobloc, il coulissait dans le berceau de renforcement auquel était fixé la bague de culasse comprenant le système de fermeture à coin horizontal. Les dispositifs de mise en azimut et en site se trouvaient près des systèmes de pointage sur la gauche de l’affut. Les derniers modèles avaient un compartiment avant modifié : le pilote et le radio étaient assis cote à cote et disposaient chacun d’une fente d’observation. Certains Hummel des unités SS reçurent un grillage de protection supérieure à l’avant du compartiment de combat. Pour le ravitaillement en munition des Hummel, 157 véhicules de soutien logistique furent réalisés à partir de caisse Geschutzwagen III/IV dépourvues de leur pièce d’artillerie et dont le blindage centrale avait été complété en conséquence. Le Hummel commença sa carrière à la "bataille de Koursk", où une centaine furent employés pour réduire le saillant de Koursk. Les divisions blindées allemandes recevront ensuite jusqu’à la fin de la guerre leur batterie de six Hummel et d’un Hummel de soutien logistique.

Avec ce même châssis, les allemands réaliseront un chasseur de chars équipé d’un canon de 88 mm, le Nashorn.

Caractéristique techniques : Longueur : 7,17 m Largeur : 2,97 m Hauteur : 2,81 m Masse au combat : 24 tonnes Blindage : 10 - 30 mm Moteur : Maybach HL 120 TRM V-12 Petrol 300 ch (221 kW) Vitesse sur route : 42 km/h Autonomie : 215 km Équipage : 6 hommes (1 conducteur, 5 artilleurs) Armement : un canon de 150 mm sFH 18/1 L/30 avec 18 coups, 1 mitrailleuse de 7,92 mm MG34 (600 coups)

Source : Une revue "Connaissance de l’histoire, Blindés de 1944-1945, profils et histoire, éditions Hachette


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