En mars 1915, la Royal Navy fit mettre sur cale, par les chantiers Harland & Wolf, un croiseur à faible tirant d’eau destiné à opérer en mer Baltique. On lui attribua le nom de Glorious. Lancé en avril 1936, le Glorious entra en service en janvier 1917 et prit part à diverses opérations menées pendant la première guerre mondiale. Après cette guerre, la Grande-Bretagne se lança dans un programme de développement de porte-avions. De ce fait, le Glorious, tout comme son sistership le Courageous, fut transformé en porte-avions entre 1924 et 1929. C’est pour cela que l’on peut observer à l’avant que la forme de la coque n’épouse pas le pont d’envol puisque ce navire à d’abord été pensé comme un croiseur.

Le Glorious, caractérisé par un pont d’envol de plus de 200 mètres et par des accélérateurs qui permettaient aux avions à son bord de bénéficier d’une plus grande impulsion au décollage, effectua une carrière sans histoire au sein de la Royal Navy. Il subit une refonte au milieu des années trente, refonte qui eut pour but de renforcer sa protection. Le blindage passa de 52 à 76 mm à la ceinture, de 25 mm au pont supérieur et de 52 à 76 mm au pont inférieur. Son armement anti-aérien fut également revu à la hausse, avec 16 canons de 120 mm et 24 canons de 40 mm. Le Glorious pouvait embarquer jusqu’à 48 appareils.

Le Glorious était donc prêt pour entrer dans la seconde guerre mondiale. Il le fit lors de la campagne de Narvik. En effet, quand les allemands lancèrent leur attaque contre la Norvège, le 8 avril 1939, ils engagèrent d’importants moyens navals. Ils envoyèrent à ce titre le cuirassé de poche Lützow, deux croiseurs, cinq torpilleurs et neuf dragueurs de mines. Mais c’est surtout du coté de Narvik que la Royal Navy intervint. C’est dans le fjord qui menait à Narvik que se déroulèrent les opérations navales les plus importantes et les plus couteuses. Le 13 avril, le cuirassé britannique Warspite, escorté par huit destroyers, força l’entrée du fjord et surprit des destroyers allemands qui soutenaient les forces allemandes engagées à terre. Il coula huit contre-torpilleurs. La Royal Navy n’avait pas déployé que le Warspite...elle avait aussi fait appel à ses porte-avions, les Glorious, Ark Royal et Furious. Cette opérations était difficile du fait de l’écrasante supériorité de la Luftwaffe qui empêcha à différentes reprises les navires anglais d’approcher des côtes. Ce ne furent pas les "Swordfish" embarqués sur les porte-avions qui purent faire quelque chose. Le Glorious devait être coulé le 8 juin 1940 alors qu’il couvrait les rembarquements alliés à Narvik. Surpris par les croiseurs lourds "Scharnhorst" et "Gneisenau", il subit un feu nourri et dense de la part des navires allemands, dont l’artillerie principale composée de canons de 280 mm tailla en pièce le pauvre porte-avions. Touché à plusieurs reprises, il s’en alla par le fond avec une partie de son équipage.
Caractéristiques techniques : Type :Porte-avions moyen Moteurs : 4 turbines Parsons à engrenages de 90000 ch Longueur : 240 m Largeur : 24,70 m Tirant d’eau : 6,75 m Vitesse : 31,5 nœuds Distance franchissable : 6000 km Déplacement : 22500 tonnes Équipages : 1360 hommes Armement : 16 canons de 120 mm antiaériens, 24 canons de 40 mm antiaériens, 48 appareils
Source : 2 fiches de navires de guerre, une sur le porte-avions Glorious, une autre sur la bataille de Narvik, éditions Atlas



