Dans le cadre de la politique du heereswaffenprüfamt, une version "chasseur de char" du "Tigre royal" va être fabriquée...ce char doit comprendre un canon à champ de tir horizontal limité. Initialement dénommé Panzerjäger Tiger Ausf B (sdkfz 186), ce véhicule blindé est construit essentiellement avec la caisse du Tigre royal à laquelle on associe une superstructure en forme de caisse contenant le canon antichar Pak 44 L/55 de 128 m. Une maquette grandeur nature sera terminée en octobre 1942, maquette de ce véhicule aussi surnommé Jagdtiger. Ce sera le plus grand véhicule de combat mis en service pendant la guerre, sachant toutefois que le "Panzer VIII Maus" est plus grand, mais qu’il n’est jamais entré en service. Henschel collaborera avec Krupp pour la création de l’affut du canon qui comporte un petit bouclier Saukopf (en groin de cochon). Les projectiles du canon de 128 mm seront en deux parties pour mieux utiliser la place intérieure. Quant à la suspension, elle sera allongée de 26 cm pour mieux répartir le supplément de poids.
Un Jagdtiger capturé par les américains...
On passe commande d’environ 150 Jagdtiger à l’usine autrichienne de Steyr-Daimler-Puch...mais à cause de pénuries graves et des bombardements alliés, seulement 70 Jagdpanzer VI Jagdtiger verront le jour, dont 48 construits en 1944. Il y aura à un moment interruption de l’approvisionnement en canon de 128, ce qui poussera à envisager de monter sur le Jagdtiger le célèbre canon de 88 mm (4 exemplaires). En février 1944, le nom du véhicule sera simplifié sur ordre personnel d’Hitler, et il adoptera le nom de Jagdtiger, nom que tout le monde retient aujourd’hui. L’engin va subir ensuite une subtile amélioration en adoptant une suspension par boggies à barres de torsion analogue à celle utilisée sur les prototypes du "Tigre" et de "l’Elefant".

Le Jagdtiger entrera en service au cour des derniers mois de l’année 1944, et combattra jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Il fut une arme redoutable, son canon pouvant percer tous les blindages de chars ennemis de l’époque...mais il apporta aussi la preuve que des chars aussi lourds sont handicapés sur le plan tactique, même dans la guerre défensive que l’Allemagne nazie est en train de livrer. Le char est trop visible et sa surface d’impact bien trop grande. Il est vulnérable par les fantassins adverses équipés de mines ou de bazookas et se déplace lentement, consommant beaucoup d’essence. Par contre, son blindage frontal de 250 mm, un record pour l’époque, en faisait un véhicule difficile à détruire pour ses adversaires. Seules deux unités reçurent le Jagdtiger, unités étant engagées sur le front occidental. La première fut engagée dans "la bataille des Ardennes" et la seconde dans la défense de l’Allemagne, y compris dans la bataille pour le pont de Remagen. Ils y subirent de lourdes pertes, notamment de la part de l’infanterie adverse qui pouvait attaquer le char autour de ses parties vulnérables (roues, galets porteurs, plage arrière...).
Caractéristiques techniques : Longueur : 10,66 m Largeur : 3,60 m Hauteur : 2,95 m Poids : 72 tonnes Vitesse : 38,5 km maximum sur route Autonomie : 170 km Moteur : Moteur V12 essence Maybach HL230P30 de 522 kw Armement : 1 canon antichar pak 44 de 128 mm, 1 mitrailleuse MG 34 de 7,92 mm Équipage : 6 hommes
Sources : Revue "Connaissance de l’histoire, véhicules blindés allemands 39-45, n°5, éditions Hachette et le livre "les chars d’assaut de la seconde guerre mondiale, éditions Gremese".



