Junkers JU-87 Stuka

lundi 24 août 2009 par smercier

Petite vidéo de Stuka tout d’abords en préparation sur l’aérodrome, puis en vol en formation.

Avion légendaire, et précurseur des avions modernes utilisés à partir de la seconde guerre mondiale, le Stuka fut conçu par les partisans du bombardement dit "en piqué", méthode à l’époque révolutionnaire devant rendre les bombardements tactiques beaucoup plus précis. Le Reishmarshall H. Göring lui-même avait appuyé de tout son poids le développement de ce type d’appareil. Nombreux furent ceux qui vécurent dans l’angoisse d’entendre au-dessus de leur tête le sifflement typique des stukas fondant sur leurs cibles, qu’elles soient civiles ou militaires.

Qu’en est-il advenu de ce symbole de la blitzkrieg ?

La Luftwaffe désire se renforcer avec une ambition dépassant le cadre du Traité de Versailles, comme par ailleurs l’ensemble de l’armée allemande, dès l’avènement du troisème Reich en 1933. Dans ce cadre, en 1934, les ingénieurs de la firme Junkers soumirent au grand état-major, et notamment au futur Maréchal Ernst Udet, un prototype d’avion bombardier révolutionnaire au fuselage entièrement métallique pouvant permettre l’appui au sol des unités terrestres par des bombardements tactiques de précision. D’autres firmes proposèrent également un avion de ce type, mas finalement ils ne furent pas retenu (par exemple le prototype d’Henschel, le Hs123, ne supportait pas le piqué et voyait ses ailes se disloquer).

Photo de Stuka

Le Ju-87 "Stuka" (Stuka signifiant en allemand "avion d’attaque en piqué") était né. Une première version avec un moteur Rolls-Royce de 640 chevaux vit le jour en avril 1935. Ce fut un échec, l’avion s’écrasa car son système de bi-empennage l’avait rendu trop instable.

Le second prototype, équipé cette fois-ci d’un empennage unique et d’un moteur Jumo 210A de 610 cheveux, présente de meilleurs dispositions. Certes la motorisation reste faible, mais c’est ce prototype qui est présenté à l’état-major de la Luftwaffe en 1936, remportant tous les suffrages.

Il est ensuite amélioré à plusieurs reprises (empennage, dérive, capot-moteur améliorant la visibilité du pilote). Les premiers exemplaires sont livrés au printemps 1937. Il est à noter qu’il est testé en condition réelle de bataille lors de l’intervention de soutien allemande au soulèvement franquiste ayant abouti à la guerre civile espagnole. Il est expérimenté par l’escadrille Stukageschvader (Jolante).

On se rend compte que la puissance de la motorisation est insuffisante, et on passe à une version B-1 et B-2 ayant des moteurs allant de 1000 à 1400 chevaux. La fabrication en série de cette nouvelle version commence dès 1938, et 360 exemplaires sont en service au début de la campagne de Pologne, en septembre 1939.

300 Stukas participent à l’invasion de la Pologne. Beaucoup d’entre eux détruisent nombre d’avions au sol, et deux navires à Hel le 03 septembre. Ils permettent également la destruction d’infrastructures ennemies (bâtiments, ponts, voies ferrées...). L’artillerie, les fortifications, la moindre cible intéressante est pilonnée, rendant le succès allemand rapide. La blitzkrieg est en marche ! Lors de cette campagne, seuls 31 Stukas seront détruits. Ce succès, grisant, est cependant à relativiser, du fait que la chasse amie couvre sans cesse les Stukas, rendant le ciel sûr pour eux et améliorant par là-même la liaison Stukas-panzers optimale sur le champ de bataille.

Les Stukas rendent également de précieux services lors de la campagne de Norvège, et le 10/05/1940, 380 Stukas sont alignés pour l’invasion du Bénélux et de la France. Comme en Pologne, les Stukas pilonnent les rassemblements adverses, qu’ils montent au front ou qu’ils refluent dans une retraite désordonnée.Ils inspirent maintenant une peur presque irrationnelle aux troupes alliées et même aux civils se mélangeant aux soldats dans un exode anarchique.

Göring ayant persuadé le Führer que la Luftwaffe pouvait vaincre seule les britanniques, le Stuka fut évidement mis à contribution dans la bataille d’Angleterre. C’est là que ses lacunes apparurent au grand jour. La plupart de ses missions, du fait de sa faible autonomie, eurent lieu à proximité des côtes anglaises, mais la confiance absolue des pilotes envers leur "arme absolue" s’anéantit lorsque les chasseurs britanniques apparurent. En effet, sa faible vitesse, son manque de maniabilité, et sa dépendance envers la chasse, en font une proie facile pour les Spitfire et autres Hurricane anglais. Sur les 10 premiers jours de la bataille d’Angleterre, 66 Stukas furent perdus. L’effectif est amputé d’un quart de sa force, et Göring, dépité, est obligé de les retirer de ce front. L’heure de gloire du Stuka est terminée.

Cependant cet avion va continuer à voler sur d’autres secteurs, notamment en Méditerranée, où il endommage le porte-avions anglais "HMS Illustrious", et coule les croiseurs "HMS Southampton" et "HMS Gloucester".

Sur le front russe, ils sont également employés en appui tactique de la Werhmacht, et leurs attaques en piqué redeviennent redoutables. Un pilote, Rudel, qui sera par ailleurs le seul soldat allemand à décrocher la plus haute distinction dans l’ordre de la croix de fer, détruit à lui seul sur le front de l’est 519 chars russes.

A partir de 1943, la déchéance de la Luftwaffe va entrainer la désuétude du Stuka.

Quelques "geschwaders" volent encore sur cette machine à la fin du conflit, mais en petit nombre et pour des actions secondaires.

La production totale de cet avion, qui fut l’un des symboles de cette guerre, atteignit malgré sa carrière en dent de scie environ 5700 unités.

Caractéristiques techniques : Type : Biplace de bombardement en piqué et d’assaut Moteur : 1 Junkers Jumo 211J-1 de 12 cylindres en V inversé de 1410 ch Vitesse maximale : 410 km/h à 3800 m Plafond pratique : 7290 m Distance franchissable : 1530 km Masse à vide : 3900 kg, 6600 kg maximale au décollage Envergure : 13,80 m Longueur : 11,50 m Surface alaire : 31,90 m2 Armement : 2 mitrailleuses MG 17 de 7,92 mm dans les ailes et 2 MG81Z du même calibre dans l’arrière de l’habitacle, plus une charge de bombe de 1800 kg

Sources : Magasine Histoire de guerre n°15 (Histo presse), Fiche d’avion de guerre (édition Atlas) et L’univers des avions 1939/1945 (Gründ)


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