KV-1

lundi 16 novembre 2009 par smercier

Quand la seconde guerre mondiale éclata, l’armée rouge était pratiquement la seule à posséder des chars lourds de série...et le premier d’entre eux fut le KV-1 (KV en hommage au maréchal Klim Vorochilov).

En 1937, la direction des forces mécanisées lance le projet d’un char lourd avec plusieurs tourelles (jusqu’à 5 !!). A la demande des ingénieurs, ce nombre est ramené à trois, puis à deux. Un groupe d’ingénieurs de l’usine de Kirov, à Leningrad, sous la direction de Kotin, décide de sa propre initiative de concevoir deux prototypes à une seule tourelle, dont le futur KV-1 . Une maquette fut approuvée par le comité de défense en avril 1939. Le char terminé fut présenté au commandement de l’armée rouge en septembre et il fut accepté en même temps que le T-34. En décembre, on décide de tester le prototype du KV sur le front finlandais. On s’aperçoit très vite que le KV est mieux réussi qu’un autre prototype de char lourd, le T-100. Les KV participe à la percée du front finlandais en février 1940 et aucun n’est perdu, ce qui n’est pas le cas des modèles à plusieurs tourelles qui, eux, étaient mis hors de combat. On décide donc dès décembre 1939 de poursuivre avec les KV et de lancer la production en série de deux modèles : le KV-1 avec un canon de 76,2 mm antichar, et le KV-2 avec un obusier de 152 mm destiné à la destruction des blockhaus.

En juin 1941, au moment de l’invasion allemande, l’armée rouge dispose de 636 chars KV-1. Comme l’avancée allemande menace Leningrad, l’usine Kirov est déplacée à Chelyabinsk, où, avec d’autres industries locales, elle fusionne pour donner naissance à un complexe appelé "Tankograd". Jusqu’à la fin de la guerre, celui-ci restera le seul établissement industriel soviétique produisant des chars lourds. Au moment de la bataille de Moscou, 1364 KV-1 sont en ligne, mais beaucoup sont détruits ou capturés pendant les premiers jours de la terrible avance allemande en territoire russe.

Le KV-1, qui emporte cinq hommes, dont trois dans la tourelle. Le chef de char, qui est également le chargeur, approvisionne le canon que pointe le tireur placé à gauche de la pièce. Le troisième homme de la tourelle, mécanicien et second conducteur, s’occupe de servir la mitrailleuse arrière de tourelle. Depuis sa place, il ne peut pas aider le chef de char à charger le canon et cette mauvaise disposition est un des défauts du KV-1. Autre défaut, sa transmission est fragile et ce problème ne sera jamais résolu. De plus, il est lourd à manœuvrer. En revanche, contrairement aux autres chars russes de l’époque, le KV-1 est équipé d’une radio et les membres d’équipages peuvent communiquer entre eux par interphones. Il est également équipé d’un bon canon (76,2 mm de 30 calibres en 1939, 76,2 mm de 40 calibres en 1940) et est très bien blindé. Il résiste par exemple aux obus standard des panzers de l’époque. Seul le canon de 88 mm peut le percer. Sa suspension à barres de torsion est également de bonne facture (meilleure que celle à ressorts du T-34). Ses larges chenilles lui permettent aussi de bien se déplacer en terrain boueux. Une grande partie des KV-1 de 1940 vont recevoir un blindage renforcé. On va ajouter des plaques de 35 mm sur les différentes faces de la tourelle, à l’aide de gros rivets. L’expérience au combat ayant révélé une certaine lenteur à manœuvrer, une version plus légère et plus rapide, le KV-1s verra le jour pendant le deuxième semestre de 1942. Comme un armement plus puissant devenait nécessaire face à la monté en puissance des chars allemands, un canon de 85 mm sera adapté à l’automne 1943. Cette version sera dénommée KV-85. A partir de 1944 apparait son successeur, le char "IS" en l’honneur de Staline, char armé du redoutable canon de 122 mm.

Caractéristiques techniques : Type : Char lourd Blindage : de 75 à 100 mm Longueur : 6,27 m Largeur : 3,10 m Hauteur : 2,41 m Masse : 47,5 tonnes Pression au sol : 0,75 kg/cm2 Moteur : Modèle V-2-K, 12 cylindres refroidi par eau, développant 600 ch à 2000 tr/min Vitesse : 35 km/h sur route Autonomie : 250 km Armement : un canon de 76,2 mm (divers type), 3 mitrailleuses DT de 7,62 mm, certains chars avaient en plus une mitrailleuse à l’arrière de la tourelle et une mitrailleuse antiaérienne P40.

Sources : Le multiguide en couleur des chars de la 2ième guerre mondiale de Christopher F. Foss (Bordas) et l’aventure des chars de Stéphane Ferrard (Hachette collections)


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