L’attaque sur Pearl Harbor

vendredi 13 novembre 2009 par smercier

L’attaque surprise du Japon sur la base navale de Pearl Harbor fut un assaut anticipé parfaitement exécuté. Des nuées d’avions japonais allaient déferlé sur les cuirassés américains. Ce 7 décembre 1941, le jour "qui restera à jamais marqué d’infamie" selon Roosevelt, précipitera l’Amérique dans la guerre et forgera l’unité de la nation américaine. Avec "Stalingrad", l’attaque de Pearl Harbor sera un tournant de la guerre. Dorénavant, l’Amérique allait combattre au coté des alliés et allait leur faire profiter de tout son potentiel humain et industriel.

En 1940, le gouvernement militariste japonais sentait que la guerre allait devenir inévitable avec les États-Unis, surtout s’il voulait continuer sa politique expansionniste en Chine et dans le Pacifique. Le Japon, pays ne possédant que très peu de matières premières exploitables sur son sol, avait besoin d’importer toutes ces matières des autres pays. Cela était d’autant plus vrai concernant le pétrole, que le pays du soleil levant faisait venir en grande partie des États-unis. Or, les États-Unis était décidés à instaurer un blocus de ces matières premières si le Japon n’arrêtait pas ses attaques en Chine. Pour le Japon, il n’y avait donc d’autre choix que de faire des réserves de pétrole puis d’attaquer les États-unis pour continuer sa soif d’expansion. En septembre, le Japon avait convenu d’une alliance avec l’Allemagne et l’Italie, alliance qui allait maintenant proposer un trio de nations baptisé "l’axe". Le Japon avait également signé un pacte de non-agression avec l’Union soviétique en avril 1941, ce qui convenait parfaitement aux deux pays. A la fin septembre 1940, le Japon occupa des zones au nord de l’Indochine, profitant de la faiblesse des français vaincus par l’Allemagne 3 mois plus tôt. Les Etats-Unis voyait d’un mauvais œil cette occupation et décida d’un embargo sur l’envoi d’acier au Japon. L’occupation japonaise en Indochine se prolongeant, les USA furent obligés de geler les biens japonais sur leur territoire à partir de juillet 1941. Ils donnèrent également leur accord pour la constitution d’un groupe de pilotes de chasse, les "Tigres Volants", qui allaient voler pour soutenir les chinois dans leur lutte contre l’occupant nippon. Les tensions montaient donc et le général Tojo, nouveau chef du gouvernement japonais, ne voulant pas accepter des compromis avec les américains, engagea des plans de guerre contre eux.

Des "Zero" se préparent à décoller sur un porte-avions japonais..."Tora, Tora, Tora !!"

Ainsi, le contre-amiral Isoroku Yamamoto devait devenir le cerveau qui allait concevoir le plan d’attaque. Il avait sebti avant l’heure que l’avenir de la guerre navale ne passait plus par le cuirassé mais par le porte-avions. Il fut d’ailleurs l’instigateur d’un programme de construction de porte-avions au Japon à partir des années 1930. Yamamoto avait servi comme attaché militaire aux États-Unis et il connaissait l’immense potentiel de ce pays. Il était d’ailleurs contre une déclaration de guerre envers les USA. Mais comme il ne put s’opposer à l’idée de cette guerre, il décida en fin de compte de concevoir un plan qui devait frapper fort et porter un coup fatal à l’ennemi. Il travailla pour se faire en collaboration avec le commandant Mitsuo Fuchida, un des aviateurs les plus expérimentés du Japon. Ils s’inspirèrent pour cela de l’attaque anglaise sur la base italienne de Tarente (voir fiche sur le cuirassé "Littorio" pour plus de détails sur cette attaque).

La base de Pearl Harbor attaquée...

Le 26 novembre 1941, la première flotte aéro-navale japonaise, qui comprenait six porte-avions ainsi que des cuirassés et des sous-marins en éclaireurs, prit la mer dans le plus grand secret sous le commandement du vice-amiral Nagumo. Les navires avaient interdiction de communiquer par radio. De leur coté, les américains avaient eu connaissance des intentions japonaises car ils arrivaient à déchiffrer en partie les codes nippons. Ont-ils dans ce cas laisser faire les japonais pour pouvoir ainsi entrer en guerre contre eux et participer à la deuxième guerre mondiale ? Ou Ont-ils cru que les japonais attaqueraient d’abord la Malaisie ou les Philippines ? Quoiqu’il en soit, la flotte du Pacifique n’est absolument pas en alerte le matin du 7 décembre 1941. Seuls les porte-avions "Enterprise" et Lexington sont de sortie pour transporter des avions de chasse sur Wake et Midway. De son coté, la flotte japonaise prend position à 440 km au nord d’Oahu, île d’Hawaii qui abritait la base de l’US Navy de Pearl Harbor. La puissance de cette flotte était impressionnantes...104 bombardiers torpilleurs "Nakajima B5N2 Kate", 135 bombardiers en piqué Aichi D3A1 et 81 avions de chasse Mitsubishi A6M2 zéro allaient participer à l’attaque. A 6 heures, Nagumo hésita à envoyer ses avions car un agent espion à Honolulu avait signalé que les portes-avions américains n’étaient pas au mouillage à Pearl Harbor. Mais les lourds cuirassés et croiseurs étaient bien là...et la première vague décolla donc au vue du bel objectif présent vers Oahu : "Tora ! Tora ! Tora !" hurlaient les pilotes japonais, "Tora" étant le nom de code de l’attaque.

L’allée des cuirassés...des cibles faciles...

Deux heures plus tard, tandis que les marins américains s’éveillaient pour leur journée de travail, les avions japonais commencèrent à lâcher leurs bombes sur les cuirassés à l’ancre autour de Ford island. La première vague comprenait 50 bombardiers portant des bombes de 880 kilos 70 autres chargés d’une torpille et 43 "Zero". L’effet de surprise était totale ! Grâce à un entrainement sévère et à l’étude méticuleuse de cartes et de maquettes d’Oahu, chaque pilote japonais savait ce qu’il avait à faire. Quelques minutes avant 8 heures, au milieu des hurlements des avions fondant du ciel à la verticale, les bombes commencèrent à exploser sur les appareils alignés , aile contre aile, sur les divers aérodromes de l’île. Les sections de garde virent aussi, à 8 heures, les avions torpilleurs plonger très bas en position d’attaque et, impuissantes, suivirent des yeux le mince sillage des engins qui se dirigeaient implacablement vers leurs coques immobiles. Dès les cinq premières minutes, cinq cuirassés, l’Oklahoma, l’Arizona, le West Virginia, le Nevada et le California furent éventrés par les torpilles. Le vieux bateau-cible Utah et les croiseurs légers Raleigh et Helena subirent le même sort. Cependant, malgré les sourdes explosions sous-marines, auxquelles s’ajouta bientôt les sifflements des bombardiers en piqué, les équipages américains pour la plupart, entrèrent rapidement en action et abattirent plusieurs assaillants avec la DCA. Les équipes de secour s’efforcèrent rapidement de neutraliser les innondations avec les compartiments étanches, d’éteindre les incendies ou de remettre l’électricité en marche. Le cuirassé Nevada réussit même à se mettre en route vers l’entrée du port. Entre temps, très haut au dessus de la fumée, les bombardiers en altitude choisissaient impunément leurs cibles et visaient avec une froide précision. Ainsi, une bombe antiblindage traversa les 12 centimètres d’épaisseur de la cuirasse d’une tourelle du cuirassé Tenessee pour exploser à l’intérieur ; une autre explosa dans la soute à munition de l’Arizona qui sauta tout entier. ; Le Maryland et le California subirent aussi des dégats considérables. A 8H25, la première vague japonaise se retira...

La flotte américaine en fumée...

Pendant ce temps, des sous-marins de poche japonais avaient réussi à entrer dans le port en passant par la "porte" du barrage mobile que l’on avait laissée imprudemment ouverte. Aucun des sous-marins ne réussit à faire de dégâts...ils furent repérés et coulés par des destroyers. Un des sous-marins s’échoua et on fit même deux prisonniers. La seconde vague d’assaut japonaise (80 bombardiers en piqué, 54 bombardiers torpilleurs et 36 chasseurs) avait décollé une heure après la première. Elle arriva sur le port et attaque de la même manière implacablement toutes les cibles possibles. Mais cette fois-ci, les défenseurs étaient un peu mieux préparés. Les magasins des pièces de DCA étaient plein et ils purent ainsi abattre quelques bombardiers. Malgré tout, ils parvinrent à toucher le Pensylvania, à détruire deux destroyers en cale sèche, à en faire sauter un autre et à forcer le Nevada à s’échouer. A 10 heures, tout cessa. La marine japonaise venait de réussir à mettre hors de combat une partie de la flotte américaine., au prix de seulement 9 "Zero", 15 bombardiers en piqué et 5 bombardiers torpilleurs sur 384 avions engagés. L’Amiral Nagumo trouva ce succès tellement extraordinaire qu’il ne prit pas le risque de relancer une nouvelle vague, alors que ses aviateurs le pressaient de repartir au combat. Il rejoint simplement des pétroliers ravitailleurs, puis mit le cap sur le Japon. C’était une grave erreur. En effet, le porte-avion "Enterprise" rentrait de Wake et il aurait pu être coulé très facilement. De plus, il restait les énormes réservoirs de carburants, qui étaient virtuellement sans défense, et qu’il aurait été bon de détruire ainsi que d’autres infrastructures de la base. Cela aurait permis de condamner Pearl Harbor pour de longs mois et de contraindre la flotte du Pacifique à se retirer jusqu’à ses bases de la cote américaine. Pearl Harbor fut une victoire, importante certes, mais pas décisive...il manquait la destruction des porte-avions américains. A court terme, çà laissait à la flotte américaine deux porte-avions pour contrer les visées expansionnistes des japonais dans le Pacifique. A plus long terme, le Japon aura mal évalué sa capacité à mener une guerre contre un adversaire aussi puissant.

Sources : La deuxième guerre mondiale, 8 tomes (Librairie Jules Tallandier) et 50 batailles (De Valmy à Krajina) de Tim Newark


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 84624

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Grandes batailles   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2g + ALTERNATIVES

Creative Commons License