L’un des premiers porte-avions américains fut le Langley, un grand charbonnier transformé, équipé d’une installation expérimentale de propulsion turbo-électrique que l’on rencontrera plus tard sur un certain nombre de cuirassés. Ce bâtiment, quelque peu âgé, ne fut pas d’une grande utilité et fut transformé en transporteur d’avions. Par contre, les deux porte-avions américains suivants furent bien différents du Langley, et d’une efficacité beaucoup plus grande...Ce furent les fameux Lexington et Saratoga.

Leur construction, à partir de coques de deux croiseurs de bataille, fut décidée en application du traité de Washington. Ce fut un choix excellent qui aboutit à la création de deux porte-avions de fort tonnage, très rapides et très bien protégés, probablement les meilleurs de la génération de ce type. Cependant, les Lexington et Saratoga n’eurent pas que des caractéristiques intéressantes. Aussi bien les tourelles que l’îlot lui même étaient écrasés par une cheminée absolument énorme, caractéristique principale de la silhouette de ces navires. A la différence d’un grand nombre de porte-avions américains ultérieurs, l’étrave et le bordé de la coque étaient continus jusqu’à la hauteur du pont d’envol. Cette disposition de l’étrave devait finalement être à nouveau adoptée par les américains vers la fin du conflit. Les plans initiaux de ces bâtiments n’ayant pas été ceux de porte-avions, on aurait pu s’attendre à une capacité d’’emport en avions plus faible...il n’en fut rien puisque le Lexington pouvait par exemple embarquer jusqu’à 90 avions, ce qui est considérable pour l’époque. Le Saratoga continuera à servir vaillamment durant tout le conflit, mais qu’en fut-il du Lexington ?
Le Lexington, endommagé par l’aviation embarquée japonaise pendant la bataille de la mer de Corail.
Au début de la guerre entre américain et japonais, Hong Kong, Singapour, la Malaisie, la Birmanie, Sumatra, Java, les Philippines, furent autant de territoires et de conquêtes qui voyaient progressivement les japonais étendre les zones de territoires occupés. L’élan victorieux du pays du soleil levant paraissait inaltérable en ce mois de mai 1942. La flotte américaine avait été en partie envoyée par le fond lors de l’attaque sur "Pearl-Harbor". En partie, car les port-avions, ce jour là en manœuvre, étaient toujours en état de servir. Cependant, à ce moment de la guerre, le Japon avait atteint une grande partie des objectifs fixés. Mais, l’amiral japonais Yamamoto savait que les porte-avions américains représentaient toujours une réelle menace et cela l’inquiétait. Il accepta cependant d’entreprendre une opération vers la Nouvelle-Guinée, terrain idéal pour préparer de futures opérations contre l’Australie. C’est ainsi qu’eut lieu la bataille de la mer de Corail. Elle opposa deux porte-avions japonais, plus deux croiseurs et quelques destroyers, aux porte-avions américains Lexington et Yorktown. Le 7 mai, la bataille débuta par des attaques des deux aviations embarquées des deux flottes, attaques qui ne donnèrent rien. Le lendemain, une attaque des avions nippons fit cette fois-ci mouche. Les avions japonais découvrirent le Yorktown et le Lexington et les attaquèrent à la bombe et à la torpille. Le Yorktown fut atteint par une bombe qui ne lui causa que peu de dommages...par contre, le Lexington fut plus gravement endommagé. En effet, il fut atteint par deux bombes et deux torpilles, qui, tout d’abord, ne l’empêchèrent pas de continuer sa route. Mais malheureusement, alors que tout semblait pour le mieux, des vapeurs d’essence dues aux avions embarqués s’enflammèrent et le navire connut une série d’explosions. Le porte-avions dut finalement être évacué en fin d’après-midi et un destroyer se chargea du coup de grâce. Voilà comment disparu l’un des premiers plus gros porte-avions américain. C’était la première fois que des navires étaient engagés dans une bataille, et que cette bataille eut lieu sans que ces mêmes navires puissent s’apercevoir une seule seconde...l’ère des batailles de porte-avions pouvait commencer !
Caractéristiques techniques du porte-avions Lexington Longueur : 270,656 m Largeur : 39,62 m Déplacement : 39000 tonnes à pleine charge Tirant d’eau : 7,39 m en moyenne Propulsion : 4 lignes d’arbres turbo-électrique de 184000 CV Vitesse maximale : 33 nœuds Blindage : 152 mm en ceinture, 25 à 76 mm sur le pont Armement : 12 canons de 127 mm antiaériens, 5 de 28 mm antiaériens Avions : 90 appareils, une catapulte
Source : Navires de la seconde guerre mondiale et les navires de la seconde guerre mondiales, éditions Atlas



