Le chasseur américain Lockheed P-38 Lightning fit partie du trio des plus fameux avions de chasse américains de la seconde guerre mondiale (avec le "North American P-51" et le "Republic P-47"). En fait, le P-38 fut un peu éclipsé par les deux autres mais il n’en resta pas moins un très bon chasseur à long rayon d’action, surtout dans le Pacifique. C’est aussi la silhouette très caractéristique à deux fuselages qui marquera la réputation de cet appareil. Il fut conçu en réponse à une demande de l’U.S. Army Air Corps en faveur d’un intercepteur à haute altitude.

C’est le 31 décembre 1938 que le prototype XP-38 à moteur Allison V-1720 fit son premier vol. Ce prototype se révéla prometteur et il fut suivi d’un série de 13 YP-38 destinés à évaluer l’appareil. Ces prototypes étaient équipés de moteurs V-1710 à turbo-compresseur. La première version de série fut le P-38 de base de 1941 qui précéda plusieurs versions légèrement améliorées, toutes caractérisées par leurs prises d’air tronquées sous les moteurs et de petites entrées d’air dans les flancs des poutres portant les empennages. Les moteurs Allison à turbo-compresseur donnaient à l’avion des performances respectables même si ceux-ci étaient peu performants en altitude avec une alimentation atmosphérique.

Le Lightning combattit pour la première fois dans le Pacifique au sein de la 11e Army Air Force lors de la peu connue campagne des Aléoutiennes et y obtint ses premières victoires sur la chasse japonaise. La Royal Air force commanda elle aussi des P-38 en reprenant une commande française. Mais seul trois P-38 Lightning furent livrés, et sans turbo-compresseur dont l’absence donnait à l’avion des performances médiocres. A partir de 1943, la version P-38J fit son apparition dans l’Air Corps. Cette version se distinguait par de nouvelles prises d’air pour le radiateur d’huile et des entrées d’air agrandies sur les poutres. C’est avec le version J que le P-38 gagna son surnom de "der gabelschwanz Teufel", où diable à la queue fourchue, surnom donné par les allemands. Il connaitra son heure de gloire avec des as comme Bong (40 victoires) ou Mc Guire (38 victoires), notamment grâce à son fabuleux rayon d’action. Bien que cet appareil fut difficilement maniable, les médiocres tactiques des aviateurs japonais permirent aux pilotes américains de gagner de nombreuses victoires avec le P-38. L’adaptation de moteurs V-1710-11/113 plus puissants et la capacité d’emport de roquettes air-sol de 124 millimètres donnèrent naissance au P-38L. Le P-38L possédait même un petit radar AN/APS-13 qui couvrait le secteur arrière et avertissait le pilote si un adversaire s’approchait. Quelques autres avions équipés d’un nez vitré pour abriter un bombardier-navigateur servirent d’avions éclaireurs guidant les Ligthning armés de bombes. La production totale du Lightning a du dépasser les 10000 unités dont environ un millier furent modifiés ou construits en version F-4 ou F-5 de reconnaissance photo. S’il fut basé en Angleterre comme chasseur d’escorte de la 8e Air Force ou utilisé comme appareil de combat tactique par la 9e Air Force en Méditerranée, c’est surtout dans le Pacifique que ce chasseur se montra le plus efficace. Les P-38 Lightning équiperont également des unités de la France libre, de l’Italie après l’armistice de 1943 et de la Chine nationaliste. A signaler qu’Antoine de Saint-Exupéry trouva la mort probablement au dessus de la Méditerranée à bord d’un P-38 Lightning de reconnaissance.
Caractéristiques techniques : Type : Chasseur bimoteur à long rayon d’action Envergure : 15.85 m Longueur : 11,53 m Hauteur : 2,99 m Surface alaire : 30,42 m2 Vitesse maximale : 660 km/h à 7500 m Plafond pratique : 13410 m Distance franchissable : 4200 km (1900 km minimum) Masse à vide : 5800 kg (9800 kg max au décollage) Moteurs : 2 Allison V-1710-89 de 1425 ch Armement : 1 canon Hispano M2 de 20 mm et 4 mitrailleuses de 12,7 mm dans le nez, jusqu’à 1500 kg de charges sous la voilure ou roquettes
Sources : L’Univers des avions 1939/1945 éditions Gründ et une fiche d’avion de guerre sur le P-38, éditions Atlas



