Messerschmitt Me 262

vendredi 4 décembre 2009 par smercier

Le Messerschmitt Me 262 est probablement un des avions les plus célèbres de la seconde guerre mondiale. Son influence sur le cour de la guerre ne fut peut-être pas exceptionnelle, mais parmi tous les progrès techniques de ce conflit, l’adoption par le Me 262 de la turbine à réaction fit de ce chasseur un mythe pour les connaisseurs. L’Allemagne, ainsi que le Grande Bretagne, furent à l’avant garde de cette technique capitale. Ces deux pays se montrèrent capable de construire des avions à réaction viables qui entrèrent en première ligne à la fin du conflit. Le Me 262 fut le résultat peut-être d’une étude plus avancée, avec ses ailes en flèche et ses turbines à flux axial, deux concepts préfigurant les développements des chasseurs de l’après-guerre. Le Messerschmitt Me 262 naquit d’une étude propre à Messerschmitt, étude de la fin des années trente. Une demande ultérieure ne fit que renforcer la firme allemande dans ses recherches. Cette étude d’un avion à réaction fut retardée par des problèmes de mise au point des moteurs (ce qui peut se comprendre vu la nouveauté du concept). Elle fut également retardée par la mise au point du train d’atterrissage, le premier appareil ayant un train d’atterrisage avec une roulette de queue, contrairement aux appareils de série ayant un train tricycle.

Le premier Messerschmitt Me 262 vola en avril 1941 dans le plus grand secret. Cet première version avait un moteur à pistons Junkers Jumo 210 installé dans le nez. Ce n’est qu’en juillet 1942, bien avant le premier vol du "Meteor" britannique que vola le troisième exemplaire du Me 262 avec des turbines Jumo 004 à flux axial. Un gros travail de mise au point eut lieu avec différents exemplaires expérimentaux. C’est à cette occasion qu’on adopta le train d’atterrissage tricycle. Les premiers Me 262 auraient pu voir le jour plus rapidement si Hitler y avait cru plus tôt, et si, après avoir vu un vol de démonstration, il n’est pas voulu en faire un chasseur-bombardier capable de transporter une bombe de 500 kilos sur Londres. Ce soucis de l’adapter à ce nouveau rôle de bombardier léger retarda sa mise en production, ce qui fait que les premiers exemplaires ne furent livrés qu’en juillet 1944. Il fut le premier chasseur à réaction utilisé massivement, même si le "Meteor" anglais avait été déclaré opérationnel quelques temps avant. D’ailleurs, la turbine Junkers Jumo du Me 262 était d’une conception d’avant-garde en défrichant le principe du flux axial, et elle était plus moderne que celle à turbine centrifuge du "Gloster Meteor".

Un Me 262B lors de son arrivée dans un musée en Afrique du Sud. C’est probablement, vu les antennes radar, une version de chasse de nuit.

Le Me 262A-1 fut construit en plusieurs versions de chasse ou de chasseur-bombardier. Le bombardier préféré de Hitler fut la version Me 262A2a et le A-5a était une version de reconnaissance. Le biplace Me 262B-1 était un avion d’entrainement développé plus tard sous la forme de chasseur de nuit et la version B-2a fut équipée d’un radar. Certaines de ces versions qui combattirent effectivement montrèrent toute l’importance en combat du Me 262. Pourtant, malgré sa vitesse et sa conception avancée, le Me 262 était vulnérable au décollage et à l’atterrissage et il fallut le protéger localement dans ces phases de vol par des "Fw 190". Il fut construit à 1433 exemplaires, même si ce chiffre est difficilement vérifiable. Après la fin des combats, de nombreux ME 262 furent capturés par les alliés qui s’empressèrent de l’étudier à leur propre compte. En Tchécoslovaquie, la firme "Avia" en construisit une série limitée à partir de stocks de pièces récupérées.

Caractéristiques techniques : Type : Chasseur-bombardier à réaction Envergure : 12,50 m Longueur : 10,58 m Moteur : 2 turbines Junkers Jumo 004B-1 ou 2 de 900 kg de poussée statique Vitesse maximale : 870 km/h à 6000 m Masse maximale au décollage : 6360 kg Rayon d’action : 700 km Équipage : 1 ou 2 pilotes selon versions Plafond pratique : 12200 m Armement : 4 canons de 30 mm dans le nez

"Adresse d’une vidéo d’un Me 262 reconstitué, au décollage :"

Source : L’univers des avions 1939/1945, éditions Gründ