En 1941, l’Allemagne se trouve confrontée à la faiblesse des ses engins à l’est, lorsqu’elle découvre notamment que les chars russes "T-34" et "KV1" sont plus puissants que les siens. Peut-être influencée d’indices sur des travaux de chars ultra-lourds en Russie, l’état-major allemand pense alors à un matériel qui lui donnera une suprématie totale et définitive. Ce matériel, un véhicule démesuré qu’il aurait été difficile de produire en nombre, cet engin à part est issu d’un concept qui lui est propre et sort du cadre normal de la production de chars allemands.
Un Maus dans la boue pendant ses essais...
Deux projets sont alors mis à l’étude. Le premier est le E 100 Hwa, l’autre le Mammut de Krupp. Le nom de ce dernier sera alors transformé en Maus (souris en allemand), pour ne pas attirer trop l’attention sur le nouveau char. Divers caractéristiques sont alors demandées, et un prototype est exigé rapidement. La firme Porsche est associée au projet, bien qu’elle soit complètement dubitative devant l’ampleur de celui-ci. En effet, ce nouveau char doit se voir adapter un moteur transformé de l’avion bombardier "Do 217" et doit peser au final prêt de 190 tonnes ! L’armement prévoit un canon de 128 mm, avec un obus ayant une vitesse initiale de 880 m/s, de quoi transpercer tous les blindages adverses à 3000 mètres de distance. Comme le futur Panzer VIII Maus est trop lourd pour bon nombre de ponts, on prévoit un système de franchissement des cours d’eau jusqu’à 9 mètres. A la fin de 1942, plusieurs sociétés (dont Porsche, Krupp, Daimler-Benz, Skoda, Siemens....) sont appelées à s’unir pour produire un modèle réduit, qui est achevé début 1943. Le train comporte 24 galets en partie imbriqués, axés par quatre sur six supports amortis. On demande également au char d’être puissamment blindé, avec un front de tourelle de 215 mm et un front de caisse de 240 mm (il sera finalement de 205 mm).

Un premier prototype à l’échelle 1 cette fois-ci est livré début mai 1943 et une commande pour 152 engins est même proposée à ce moment là. La construction d’un vrai modèle réel débute quant à elle en septembre. Il est testé en décembre, mais il est muni d’une fausse tourelle. Des essais ultérieurs mènent à d’autres améliorations. La tourelle réelle, sera prête, quant à elle, en mai 1944, puis installée. Un Diesel Marine, monté en juin 1944 sur une seconde caisse achevée, est rejeté lors de nouveaux tests. Le projet est enfin considéré comme abouti en octobre et deux ou trois châssis sont mis en fabrication, et six engins complets commandés. Mais, les études et fabrications d’un tel engin seront ralenties au profit de la production de machines plus ressentes, telles les "Panther" et "Tigre". Vu les difficultés de production de l’Allemagne en 1945, le programme sera annulé au début de l’année et les tests du Maus sur le terrain d’essai de Meppen seront sabotés avec l’arrivée des russes.
Certes, nous ne serons jamais la valeur réelle en combat d’un tel char. Mais, nous pouvons supposer que la complexité de construction, le cout, l’entretien ou encore le gros besoin d’un échelon de soutien étoffé aurait probablement pénalisé les possibilités du char en combat. Mais, sur terrain adapté, peut-être en position défensive, ses protections et son armement auraient probablement fait du Maus un char qui aurait fait des ravages dans les rangs adverses.
Caractéristiques techniques : Longueur : 10,08 m Largeur : 3,67 m Hauteur : 3,63 m Poids : 188 tonnes, dont 55 tonnes de tourelle Blindage : 205 mm sur la caisse, 215 mm sur la tourelle, 173 mm en latéral Moteur : Daimler-Benz MB509, V12 inversé à essence de 1080 chevaux à 2300 tr/min Carburant : 1600 litres, plus 1000 supplémentaires Consommation : 1400 litres/100 km sur route, 3800 litres/100 km en tout terrain Vitesse : 20 km/h au plus Autonomie : 180 km sur route, 68 km en tout terrain Gué : 9 m avec schnorchel Equipage : 5 hommes Armement : un canon de 128 mm KwK 82 L55 avec 68 obus de 50 kilos chacun, un canon de 75 mm KwK44 L36.5 avec 200 obus
Source : Revue Seconde guerre mondiale, Axe VS Allies, n°1 sur les Panzer, les monstres d’acier de la Panzerwaffe.



