A partir de 1943, l’armée allemande va petit à petit se faire surclasser en nombre de chars. Il lui faut donc trouver un expédient peu couteux pour combler son déficit en engins blindés...et dès septembre 1943, elle va utiliser le Panzerfaust pour renverser la balance.
Le Panzerfaust, qui s’appelle à la base Faustpatrone, a été mis au point par l’ingénieur allemand Heinrich Langweiler de la société HASAG. Il travaille sur cette arme très simple dès 1942. En quoi elle consiste ? C’est un tube creux rempli de poudre noire qui permet la propulsion d’une charge creuse qui se trouve au bout de ce tube. Une chose importante : Un Panzerfaust ne se recharge pas, c’est donc une arme à usage unique. Quatre petits stabilisateurs se charge d’éviter à la charge creuse de partir n’importe où. Le tout, charge creuse plus stabilisateur forment un projectile à ailettes dont l’apparence générale est celle d’un obus de mortier. Ce projectile n’a qu’une faible vitesse initiale...mais il est très destructeur car à l’explosion, les gaz intérieurs sont projetés vers l’avant avec une puissance telle (8000 m/s) qu’aucun blindage allié ne lui résiste. A l’intérieur du char sont projetés des gaz brulants ainsi que de nombreux morceaux de métal qui tuent l’équipage et font souvent sauter les munitions. L’arme est donc très efficace...mais encore faut-il qu’elle touche le blindé adverse ! En effet, la portée du Panzerfaust est faible et sons système de visée est des plus basiques. Cette arme, dont les premiers exemplaires ont été utilisés en novembre 1943, est avant tout une arme défensive qui doit s’utiliser presque à bout portant.
Des soldats britanniques inspectent des Panzerfaust capturés...
Le premier exemplaire, appelé Faustpatrone I 30 est construit à seulement 20000 exemplaires...il n’a qu’une portée de 30 mètres et les 500 premiers exemplaires n’ont même pas de système de visée. Par la suite, on ajoute un viseur simple réglé sur 30 mètres de portée. Au combat, les premiers résultats du Panzerfaust sont décevants...le soldat allemand doit s’approcher trop prêt de sa cible et, de plus, la charge creuse a tendance à ricocher contre sa cible au lieu d’exploser. On va alors produire une version Faustpatrone II 30, version qui va faire apparaitre un nouveau dessin de la charge creuse. Celle-ci se présente cette fois-ci avec une tête plus ronde, tête bien connue sur de nombreuses photos et qui sera conservée sur les prochaines versions. Elle ne ricoche plus sur les blindages et permet de percer 200 mm de blindage...aucun char allié ne lui résiste ! Cette version est produite à 50000 exemplaires.
Le Panzerfaust version II reste donc une arme redoutable, mais sa portée est encore bien trop courte...on décide alors de l’améliorer sur ce point et une version Panzerfaust 60 voit le jour à l’été 1944. Cette fois-ci, la portée de l’engin est de 60 mètres. Cette version arrivera trop tard pour participer à la bataille de Normandie...Néanmoins, on en produira 400000 exemplaires mensuels.

L’utilisation du Panzerfaust n’a pas vraiment de règles...n’importe quel fantassin peut utiliser un Panzerfaust. Les soldats sont souvent confrontés, vu la portée de l’engin, a des cibles d’opportunité. Avec une portée de 30 ou 60 mètres, il faut avoir un certain courage et un certain sang-froid pour tirer avec cette arme, sauf peut-être en ville ou les bâtiments peuvent protéger l’approche. Mais si le char est en raz campagne, et s’il est accompagné d’infanterie de soutien, la manœuvre d’approche ne doit pas être aisée, surtout si le char a un armement secondaire important (mitrailleuses). Il est difficile d’utiliser le Panzerfaust dans un espace clos car la flamme qui s’en échappe pourrait être déviée et revenir sur le tireur. Cette arme peut être utilisée à genoux, debout ou allongé. La Normandie ou une agglomération sont des terrains privilégiés pour une utilisation du Panzerfaust. En effet, le fantassin peut se dissimuler aisément et attendre de se faire dépasser par le char adverse avant de la viser par exemple dans les parties arrières, les parties les plus vulnérables sur un blindé. Quoiqu’il en soit, le Panzerfaust aura été une arme novatrice, mais dont la portée trop réduite n’aura pas pu combler le déficit de chars en défaveur de l’armée allemande en cette fin de seconde guerre mondiale.
Source : Magasine "Batailles du jour-J à la victoire" numéro 40



