Si le châssis du SdKfz 231, de conception assez complexe d’ailleurs, conférait à cet engin une excellente mobilité en tout terrain, aussi bien dans la boue du front de l’est que dans les sables d’Afrique du Nord, sa caisse était moins bien inspirée...elle était trop haute et donc vulnérable aux tirs ennemis. Ainsi, dès le mois d’août 1940, à la lumière des combats du front occidental, les services techniques de l’armée allemande demandèrent à Büssing-NAG de proposer un nouvel engin à 8 roues, monocoque (pour faire l’économie du châssis et, par là, en réduire la hauteur), destiné à servir sous les climats chauds. Une autre société, la société Tatra, de Nesseldorf, fut chargée de développer un moteur diesel à 12 cylindres, d’une puissance de 220 chevaux, refroidi par air. La caisse fut fournie par Deutschen Edelstahlwerke, de Krefeld, et l’armement de tourelle par Daimler-Benz AG et par Schichau.
Un Puma vient d’être affecté à une unité de reconnaissance allemande...les équipages font connaissance avec le véhicule.
Le prototype, d’une masse de 10 tonnes, fut livré à l’armée en juillet 1941. Mais, à la suite de problèmes dus au moteur, il reçut un nouveau Tatra 103, un modèle particulièrement silencieux. Un nouveau moteur destiné à évoluer sur des véhicules employés en région chaude fut également défini en 1942. Mais le SdKfz 234 conçu pour l’Afrika Korps ne fut industrialisé qu’à partir de juillet 1943, et il n’eut pas le temps de servir, car c’est à cette époque que les allemands furent chassés d’Afrique du Nord...on abandonna donc le projet de moteur tropical. Sinon, ce véhicule reçut un blindage plus épais que ses prédécesseurs, 30 mm à l’avant, 8 mm sur les flancs et 10 mm à l’arrière. Sur le modèle SdKfz 234/2 Puma équipé du canon de 50 mm en tourelle, le blindage de la tourelle était de 14,5 mm.

Grâce à son moteur diesel et à ses pneus de très grandes dimensions (270*20), les caractéristiques d’emploi tactique de ce blindé se révélèrent très intéressantes. L’autonomie s’améliora avec les différentes versions, pour atteindre 1000 kilomètres avec 360 litres de carburant. En 1944, les premiers SdKfz 234, appelés aussi "8 roues-châssis ARK" commencèrent à remplacer dans les unités de reconnaissance les modèles SdKfz 231 sur châssis GS. La première version SdKfz 234/1 était armée d’un canon automatique de 20 mm en tourelle découverte protégée par un filet anti-grenades. Ce canon était jumelé à l’habituelle mitrailleuse MG 34. Il y eut ensuite le modèle SdKfz 234/2 Puma avec le canon de 50 mm, puis deux variantes armées d’une pièce de 75 mm en casemate découverte, les SdKfz 234/3 avec 75 mm à tube court et SdKfz 234/4 avec 75 mm à tube long. L’excellent agencement des organes de traction conférait aux véhicules blindés à 8 roues allemands une maniabilité remarquable sur terrain difficile et une bonne vitesse sur sol compact. Cependant, ces véhicules avaient des dimensions excessives, qui les rendaient facilement repérables. Avec la série SdKfz 234, l’encombrement était cependant plus réduit et elle jouissait d’une puissance de feu plus importante. Le SdKfz 234/2 Puma en particulier était armé d’un canon KwK de 50 mm modèle 1939 long de 60 (KwK 39/1 L/60), à l’emploi très efficace contre les blindés adverses. Ce canon était abrité dans une nouvelle tourelle ovale d’une très belle forme balistique. A l’origine, cette tourelle était destinée au char léger Leopard envisagé pour des missions de reconnaissance en 1943/1944. Le canon de 50 mm est très efficace pour son calibre grâce à son fonctionnement semi-automatique et à sa vitesse à la bouche de 823 m/s avec le projectile perforant. Le bouclier ramassé comportait un mécanisme de rappel monté au dessus du canon, un viseur télescopique et une mitrailleuse coaxiale MG 42. Trois émetteurs de fumée étaient montés en série de chaque coté de la tourelle. Du fait de l’adjonction de la tourelle, le poids du véhicule Puma était porté à 11,5 tonnes en ordre de combat. La tourelle pouvait tirer tous azimuts. Le véhicule possédait en série des radiotéléphones, mais pouvait également être équipé du poste radio FU 12. L’équipage était de 4 hommes et le chef disposait d’un périscope dans le toit de la tourelle.
Au total, il fut construit près de 2300 blindés de cette famille, dans les quatre versions. Ces engins furent engagés avec succès sur les théâtres de l’est et de l’Europe du Nord-Ouest. Le programme d’armement de mars 1945 avait retenu le SdKfz 234 comme seul blindé sur roues à maintenir en production, avec une cadence portée à 100 unités par mois. Au plan technique, il avait repris les solutions adoptées pour ses prédécesseurs à 8 roues, à la seule exception du remplacement des freins mécaniques par des freins Knorr à air comprimé. La caisse en était nettement améliorée, car plus basse et moins vulnérable, et les 4 garde-boue d’origine avaient été remplacés par deux longues plaques de protection dont chacune abritait 4 caisses pour loger le lot de bord. Il existe encore aujourd’hui différents exemplaires de SdKfz 234 rescapés des combats, dont l’un d’eux se trouve au Royal Tank Museum de Bovington.
Caractéristiques techniques du SdKfz 234/2 Puma Type : Automitrailleuse lourde Longueur : 6,80 m Largeur : 2,30 m Poids : 11,7 tonnes maximum Vitesse : 85 km/h Autonomie : 800 à 1000 km Blindage : 100 mm maximum sur le bouclier Armement : 1 KwK 39/1 de 50 mm, 1 mitrailleuse MG 42 de 7,92 mm
Sources : Revue "Connaissance de l’histoire" n°5 Août-Septembre 1978, éditions Hachette et Revue "Connaissance de l’histoire", Blindés 1944/1945, hors-série n°6, éditions Hachette



