Richelieu

samedi 12 septembre 2009 par smercier

En 1935, la marine française décide de se doter de deux cuirassés géants de 35000 tonnes capables de rivaliser avec les unités italiennes en cas de conflit. Le Richelieu est donc mis sur cale en octobre 1935. Il est dérivé des bâtiments de la classe "Strasbourg" et "Dunkerque", mais il est mieux blindé et plus rapide. Conçu plutôt pour manœuvrer en Méditerranée, il manque d’une autonomie importante. Son originalité est qu’il possède son armement principale (Canons de 380 mm) concentré dans deux tourelles de 4 canons à l’avant du navire. Le bâtiment est lancé en janvier 1939.

Après la défaite française en juin 1940, le Richelieu est envoyé à Dakar après son départ de Brest le 18 juin. Là, les anglais et les forces françaises libres veulent tenter de rallier cette partie de l’empire colonial français à leur cause. Pour cela, ils tentent une première attaque sur Dakar le 8 juillet 1940 qui échoue. Une autre est lancée le 23 septembre 1940. Ce jour là, une force britannique composée du porte-avions Ark Royal, des cuirassés Barham et Resolution, des croiseurs Devonshire et Cumberland, ainsi que des forces navales françaises libres (avisos Savorgnan de Brazzza, Commandant Dominé et Commandant Duboc) se présentent devant Dakar. Le gouverneur général d’Afrique occidentale française, aux ordres de Vichy, n’est absolument pas décidé à remettre cette partie de territoire à De Gaulle. Il dispose pour se faire de quelques croiseurs, de torpilleurs, de sous-marins et surtout du Richelieu. Un essai de ralliement est rejeté par les défenseurs de Dakar et le Richelieu ouvre le feu sur le cuirassé Barham. Mais peu de temps après, un obus britannique explose sur une des tourelles de 4 canons de 380 mm du navire français qui cesse alors le feu (la tourelle sera bloquée puis réparée dans la nuit). La nuit interrompt les opérations, mais dès le lendemain matin, en dépit du désir de De Gaulle de renoncer à s’emparer du port, les combats reprennent. Les obus du Richelieu encadrent les cuirassés anglais et le cuirassé Resolution est atteint gravement par une torpille tirée du sous-marin Bévéziers. De Gaulle et les anglais décident finalement de se retirer sur un échec cuisant.

Ensuite, les alliés vont débarquer en Afrique du nord le 8 novembre 1942, menant à bien l’opération "Torch". L’empire colonial français reprend finalement le combat au coté des alliés et le Richelieu passe alors sous le contrôle de la France libre. Il part en janvier 1943 rejoindre New York où son armement doit être modernisé à l’arsenal de Brooklyn. Son armement anti-aérien y est considérablement renforcé avec des pièces de 20 mm Oerlikon et de 40 mm Bofors.

En novembre 1943, il est renvoyé en Europe sur la base britannique de Scapa Flow où il participe à des campagnes de harcèlement de l’ennemi allemand au large de la Norvège occupée. Il est ensuite engagé dans le Pacifique et participe le 19 avril 1944 au bombardement de positions japonaises en Indonésie.

Il finira sa carrière en participant aux opérations d’Indochine. Le Richelieu a continué a servir a Toulon comme école de canonnage, faisant des sorties plus ou moins longues,dont une en Algérie en 1954 d’une quinzaine de jours. Il est ensuite remonté a Brest vers 1957 ou 1958 toujours comme bâtiment école-Boscos entre autres. Désarmé en 1961, il fut vendu à un chantier japonais et ferraillé sept ans plus tard (une autre source pense que le cuirassé a été démantelé à La Spezzia).

(Merci à l’internaute "Richelieu" du forum www.39-45.org) pour ses informations sur le navire.)

Caractéristiques techniques :

Déplacement : 43000 tonnes, 50069 tonnes maximum Longueur : 247,85 m Largeur : 33,08 m Tirant d’eau : 11 m maximum, 9,63 m en standard Équipage : 1550 hommes Propulsion : 4 turbines Parsons, 4 hélices Puissance : 155000 cv (marche normale) Armement : 8 canons de 380 mm en deux tourelles quadruples à l’avant, 9 canons de 152 mm en trois tourelles triples à l’arrière pouvant tirer contre les avions, 12 pièces de 100 mm en 6 tourelles antiaériennes, 56 pièces de 40 mm en 14 affuts quadruples anti-aériens, 48 pièces simples de 20 mm antiaériennes. Blindage : 343 mm en ceinture, 170 mm sur le pont, 455 mm sur les tourelles. Vitesse maximale : 32,63 nœuds


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 84624

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Navires   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2g + ALTERNATIVES

Creative Commons License