Somua modèle 1935

jeudi 13 août 2009 par smercier

Au début des années 1930,la cavalerie française lança un appel d’offre pour un blindé devant être désigné AMC (Automitrailleuse de combat). Un véhicule répondant aux spécifications fut construit par la SOMUA (Société d’Outillage Mécanique et d’Usinage d’Artillerie) de Saint-Ouen. Après quelques essais, le char fut adopté par la cavalerie sous la désignation AMC Somua AC-3. Peu après, l’armée décida d’adopter le véhicule comme char moyen standard et le rebaptisa Somua S-35. Aussi, dès la conception des DLM (Divisions Légères Mécaniques), on pense à les équiper de chars Somua. Dans un premier temps, le Somua reçoit en casemate un 75mm long Schneider dérivé du 75mm de DCA, mais rapidement, on lui préfère un 75 mm modèle 1929 qui équipe la ligne Maginot. Ensuite, il recevra en tourelle le canon SA 35 de 47mm qui pointait en site de +18° à -18° et en azimut sur 360°, la rotation de la tourelle étant assistée par un moteur électrique. Le 47 mm pouvait tirer une munition soit perforante, soit brisante, le maximum de vitesse initiale atteignant les 670 m.s-1. L’emport en munition était de 118 coups de 47 mm. Sinon, sa coque se composait de trois sections coulées, c’est à dire le soubassement, la superstructure frontale et la superstructure arrière, assemblées par boulonnage. D’une part, les jointures des boulons couraient juste au dessus des chenilles et, d’autre part, la jointure verticale entre les deux sections de la superstructure se situait près de l’arrière de la tourelle. Dans ce mode d’assemblage résidait l’une des faiblesses du char, car un coup direct sur une des jointures était susceptible d’ouvrir l’engin en deux. Question moteur, le moteur et l’ensemble de transmission se situaient à l’arrière de la coque, le moteur à gauche et le réservoir à "auto-obturation", à droite. Le compartiment moteur était séparé de la chambre de la chambre de combat par une cloison pare-feu. Le train de roulement groupait sur chaque coté deux ensembles, chacun de quatre bogies montés par paires sur des bras articulés, lesquels étaient servis par des ressorts semi-elliptiques. A l’arrière, le 9ème bogie avait son propre ressort. La roue tendeuse était à l’avant, le barbotin à l’arrière et l’on notait deux petits galets supports. La partie intérieure du train recevait la protection d’une couverture blindée pouvant se relever pour donner accès aux ensembles de bogies.

Le gros défaut du char reposait sur le fait que le chef de char se trouvait seul dans la tourelle...à devoir répondre à plusieurs rôles à la fois (chargeur, pointeur, tireur) ! De plus, seul le chef de char était équipé d’une radio...il devait correspondre avec ses subordonnés avec des fanions. Par contre, le redoutable canon de 47 perçait tous les chars allemands de l’époque à plus de 800 mètres alors que le Somua lui même résiste aux obus des Panzer III, sauf à très courte distance. En bref, char contre char, le S-35 fait mieux que se défendre face à ses homologues allemands. Mais, un mauvais emploi tactique lui offrit peu de chances de montrer sa valeur.

Après la défaite française de 1940, les allemands, qui apprécient le char, prévoient de doter leurs "Panzer-divisionen" de Somua capturés. Mais, le fameux problème de la tourelle monoplace fait changer d’avis les équipages allemands et les chars capturés seront finalement affectés à des unités de police. Le gouvernement de Vichy proposera de reprendre la fabrication de ce char, dont une partie pour l’armée italo-allemande. Le gouvernement de Vichy pensait utiliser ses exemplaires à la lutte contre les agressions Gaullistes et anglaises en Afrique. Cette affaire n’aura finalement pas lieu à cause de l’invasion de la zone libre en novembre 1942.

Somua récupéré par les allemands...on remarque l’ajout de l’antenne radio.

Caractéristiques techniques :

Poids : 19.5 tonnes Longueur : 5.38 m Largeur : 2.12 m Hauteur : 2.62 m Blindage : 40 mm Moteur : 8 cylindres essence de 190 CV Vitesse : 40 km/h Autonomie : 230 km Équipage : 3 hommes Armement : 1 canon de 47 mm SA modèle 1935 en tourelle, 1 mitrailleuse de 7,5 mm modèle 1931, en tourelle

Sources : Le multiguide en couleurs des chars de la 2e guerre mondiale de Christopher F. Foss (Bordas) et L’aventure des chars de Stéphane Ferrard (Hachette Collections)


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