Yamato

jeudi 6 août 2009 par smercier

Le Yamato fut construit dans le plus grand secret par les chantiers navals de l’empire du soleil levant. Les japonais avaient en effet élaboré un important programme de cuirassés géants, qui devait comporter en définitive cinq unités, sans parler de deux autres super cuirassés armés non plus de canons de 457 mm mais de 508 mm. Mais seuls deux de ces monstres furent achevés, le Yamato et le Musashi. Un dernier bâtiment de cette classe, le Shinano, jamais achevé comme cuirassé, fut transformé en porte-avions.

Le Yamato, en achèvement à flot en 1941...

En avril 1945, le Yamato, le monstrueux cuirassé orgueil d’une marine japonaise à l’agonie depuis sa défaite des Mariannes et des Philippines, était encore le plus grand bâtiment de guerre du monde. Mais, que faire en cette période d’agonie du plus grand cuirassé du monde alors que la seconde guerre mondiale voyait l’avènement du porte-avions ? Périr dans l’honneur peut-être ? Une sortie suicide ?

Le Japon avait montré qu’il savait le faire avec les kamikazes, pourquoi pas alors avec le Yamato. En avril 1945, lorsque les américains entreprirent de débarquer sur l’île d’Okinawa, tout près du territoire nippon, l’état major de la marine impériale eut l’idée d’envoyer contre eux le Yamato, dans une sortie suicide visant à détruire le plus de bâtiments de la flotte d’invasion adverse. En fait, le Yamato et son escorte devaient attirer les porte-avions américains stationnés au large d’Okinawa afin que les "Tokkotay" de l’armée et de la marine puissent avoir le champ libre pour lancer des attaques "Kamikaze" en escadrons baptisés "Kikusui" (Chrysanthèmes flottants). Si le titan devait survivre à l’assaut, il était ensuite chargé de venir s’échouer sur l’île d’Okinawa, ceci afin de servir de bunker à canons de gros calibre aux défenseurs de l’île. Évidement, aucune escorte aérienne n’était prévue pour défendre le cuirassé géant, puisqu’il s’agissait d’une manœuvre de diversion.

Le Yamato vu de tribord. Il est en période d’essai, à pleine vitesse, en novembre 1941.

A 16H00 le 6 avril 1945, les membres de l’équipage sont informés du caractère suicidaire de la mission. Les recrues et infirmes ont la possibilité de quitter le navire. Les autres organisent une fête à bord pour noyer leur désespoir. Dans la soirée, le Yamato quitta son mouillage et mit le cap sur Okinawa en espérant faire usage de ses canons de 457 mm. Repéré par les américains au large des îles Takara, le cuirassé géant et son escorte fut attaqué par des avions de l’US Navy appartenant à la Task Force 58. Ce furent en effet plus de 400 appareils armés de bombes et de torpilles qui, le 7 avril, fondirent sur le grand navire. Le Yamato fut atteint par 23 bombes et torpilles. A la dérive, le bateau finit par sombrer, emportant avec lui dans la mort 3062 membres de son équipage. 269 survivants sont repêchés des eaux glacés par les destroyers survivants. La mort du Yamato fut comme un symbole du déclin des grands cuirassés.

Caractéristiques techniques :

Longueur : 256 mètres à la ligne de flottaison Maître-bau : 36 m Tirant d’eau : 11 m Déplacement : 65 027 tonnes (à vide, dont 21 266 tonnes de blindage) ; 72 800 tonnes à pleine charge (estimation) Propulsion : 12 chaudières Kanpon, 4 turbines à vapeur Puissance : 150 000 ch (110 MW) (estimation) Vitesse : 27 nœuds Blindage : 650 mm en tourelles, 409 mm en ceinture, 198 mm sur le pont Aéronefs : 7 appareils Rayon d’action : 11 500 km à 16 nœuds (30 km/h)

Armement : En 1941 :

9 canons de 457 mm (montés en trois tourelles triples), 12 canons de 155 mm (montés en quatre tourelles triples), 12 canons anti-aériens de 127 mm (6 tourelles doubles), 24 canons anti-aériens de 25 mm, 8 canons anti-aériens de 13 mm.

PS : En 1945, deux tourelles de 155 mm, ainsi que tous les canons de 13 mm, avaient été démontées pour renforcer l’armement anti-aérien, qui se montait alors à 146 pièces de 25 mm. Sur la photo ci-dessous, on peut remarquer, sur ce modèle réduit du Yamato, le nombre important de canons anti-aériens au centre du navire.

Sources : La deuxième guerre mondiale en 8 tomes (Librairies Jules Tallandier) et Les navires de la seconde guerre mondiale par D.J. et H.J. Lyon (Éditions Atlas)


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