Panzer IV D

mercredi 12 mai 2010 par smercier

Le Panzer IV (sdkfz 161) fut le seul char allemand produit pendant toute la guerre, de 1939 à 1945 sans interruption, c’est dire son importance lors de ce conflit. L’histoire de ce char débuta un jour de 1935 où l’état major établit des spécifications prévoyant pour le corps de bataille deux chars principaux : l’un (le Panzer III), montant un canon à haute vitesse initiale, et un autre char d’appui montant un canon de gros calibre tirant une munition brisante. Ce dernier engin allait être le Panzer IV. Le canon choisit fut dès l’origine le KwK de 75 mm à tube court. Son poids ne devait dépasser les 24 tonnes. Contrat fut passé avec plusieurs firmes et, à nouveau, le développement du futur Panzer IV s’étira sur une période relativement longue. Les livraisons ne commencèrent qu’à partir de 1939...et à cette époque, les recherches avaient abouti à la version Ausführung D ou Ausf D ou encore Panzer IV D.

Un Panzer III (en arrière plan) et un Panzer IV D sur un terrain de manœuvres en avril 1940

C’est ce modèle qui prit part aux campagnes de Pologne et de France, deux campagnes qui révélèrent l’efficacité de la blitzkrieg, et dans lesquelles le Panzer IV D eut une place de choix. Certes, les campagnes de France et de Pologne furent une réussite pour le Panzer IV D, mais il faut souligner cependant que l’adversaire qui lui était opposé était mal organisé et peu équipé en chars valables (c’est surtout le cas de la Pologne...). Lorsqu’il fallut, en 1941, se lancer dans les grands espaces russes face aux excellents "T-34" et "KV1", on se rendit compte alors des terribles lacunes du Panzer IV.

Les dimensions du Panzer IV D furent proches de celles du Panzer III. Elles les dépassaient un peu, même si la forme de la coque et la silhouette générale restaient les mêmes. L’équipage occupait trois compartiments. Le chauffeur et l’opérateur radio s’installaient à l’avant, la mitrailleuse de coque étant à leur droite et un peu en retrait par rapport au chauffeur. Dans la chambre de combat, la tourelle abritait le chef de char, le canonnier et le pourvoyeur. C’était un avantage d’avoir trois hommes pour gérer la phase de tir. Par exemple, les chars français étaient, eux, conçu pour ne posséder qu’un homme dans la tourelle, qui était à la fois chef de char, tireur et pourvoyeur...de multiples rôles bien difficiles à porter pour un seul homme, surtout si l’on sait que les chars français (exemple, le "Renault B1-bis") n’avaient pas de radio et que ce même homme devait communiquer avec ses partenaires avec des fanions. Pour en revenir au Panzer IV, nous pouvons signaler que la rotation de la tourelle était à commande électrique alors qu’elle était à commande manuelle sur le Panzer III. La coupole proéminente à l’arrière de la tourelle offrait au chef de char un champ de vision illimité. Une trappe d’évacuation était percée dans chaque paroi latérale de la tourelle. Le moteur, dans le compartiment arrière, ne différait pas de celui du Panzer III. Seule la disposition des accessoires variait quelque peu.Le mouvement était transmis à la boite de vitesse et aux barbotins situés à l’avant. La suspension comportait, de chaque coté, quatre bogies couplés, suspendus par des ressorts à lames. Une grande roue tendeuse se trouvait à l’arrière et quatre petits galets supports complétaient le roulement. La coque était suffisamment spacieuse pour emmener 80 obus de 75 mm et 2800 cartouches de mitrailleuses.

Un Panzer IV D du Panzerregiment 11 durant l’été 1941 sur le front de l’est...le blindage maximum est de 35 mm

L’expérience des combats montra bientôt que, sous cette forme, le Panzer IV D était bien conçu et bien organisé, mais que le blindage était trop mince pour sa véritable mission qui était d’appuyer les Panzer III. On se rendit compte que les T34 et KV1 pouvaient facilement les détruire, et que le Panzer IV D ne pouvait lui même se défendre face à ces chars adverses car son canon était un canon tirant une munition brisante (il aurait fallu un canon tirant une munition perforante pour détruire un char adverse). Un programme de perfectionnement fut donc mis en train, qui devait se poursuivre sans interruption jusqu’à la fin de la guerre. Les versions suivantes du Panzer IV D se verront attribuer un nouveau canon à tube long de 75 mm (Le KwK 40L/48), ce qui permettra au Panzer IV de prendre la place du Panzer III comme char de combat, et non plus d’appui. Un complément de blindage sur le nez et la tourelle se verra également ajouté. On verra également l’apparition de jupes épaisses protégeant la suspension ou la tourelle.

En 1945, plus de 8000 avaient été livrés. Des Panzer IV seront encore en activité dans l’armée syrienne pendant la guerre israélo-arabe de 1967.

Caractéristiques techniques du Panzer IV D (sdkfz 161) : Type : Char moyen d’appui Longueur : 5,91 m Largeur : 2,62 m Hauteur : 2,59 m Poids : 19,7 tonnes Blindage : 20 mm minimum, 90 mm maximum Pression au sol : 0,75 kg/cm2 Moteur : 1 Maybach HL 120 TRM V-12 en ligne, diesel, de 300 ch à 3000 tr/min Vitesse sur route : 40 km/h Vitesse en tout terrain : 20 km/h Autonomie : 200 km Équipage : 5 hommes Armement : un canon de 75 mm KwK L/24, une mitrailleuse coaxiale de 7,92 mm, une mitrailleuse MG34 de 7,92 mm dans la coque

Source : Le multiguide en couleur des chars de la seconde guerre mondiale de Christopher F. Foss, éditions Bordas et Les Panzer dans la seconde guerre mondiale, Eric Lefèvre, éditions Copernic


Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 84624

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Chars et véhicules   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2g + ALTERNATIVES

Creative Commons License